C’est un tournant décisif pour l’économie du pays sud-américain. La présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez, a officiellement promulgué une loi de réforme ouvrant la voie à une privatisation accrue du secteur pétrolier nationalisé. Cette décision, loin d’être anodine, répond directement aux exigences formulées par l’administration américaine pour normaliser les relations économiques entre les deux nations.
Lors d’une cérémonie de signature organisée jeudi en présence des travailleurs du secteur pétrolier, Delcy Rodriguez a qualifié cette réforme d’étape positive pour l’avenir économique du Venezuela. « Nous parlons de l’avenir. Nous parlons du pays que nous allons laisser à nos enfants », a-t-elle déclaré. Cette promulgation intervient quelques heures seulement après l’adoption du texte par l’Assemblée nationale, dominée par le Parti socialiste unifié.
Selon les informations rapportées par Al Jazeera, cette nouvelle législation transforme structurellement la gestion des hydrocarbures dans le pays. Elle accorde désormais aux entreprises privées le contrôle sur la vente et la production du pétrole vénézuélien. Plus significatif encore, le texte introduit une clause longtemps réclamée par les investisseurs étrangers : l’obligation de résoudre les litiges juridiques en dehors des tribunaux vénézuéliens. Les compagnies internationales arguaient depuis longtemps que le système judiciaire local manquait d’indépendance vis-à-vis du pouvoir politique.
La loi plafonne également les redevances perçues par l’État à 30 %, une mesure incitative forte destinée à rassurer les marchés.
La réaction de Washington ne s’est pas fait attendre. Simultanément à la signature de la loi, l’administration de Donald Trump a annoncé un assouplissement immédiat de certaines sanctions. Le Département du Trésor autorise désormais des transactions limitées avec le gouvernement et la compagnie pétrolière d’État PDVSA, jugées nécessaires pour l’exportation, la vente et le transport du pétrole d’origine vénézuélienne vers les États-Unis.
Ce changement de paradigme marque une rupture avec les politiques de nationalisation initiées dans les années 1970 et renforcées en 2007 sous Hugo Chavez. Il intervient dans un contexte politique tendu, marqué par l’arrestation de l’ancien dirigeant Nicolas Maduro, actuellement en attente de jugement à New York, et par les pressions constantes de la Maison Blanche qui avait averti que tout refus de coopérer coûterait « un prix très élevé » aux dirigeants actuels.