Alors que le président américain Donald Trump évoque le déploiement d’une « immense armada » pour faire plier la République islamique, la tension monte d’un cran au Moyen-Orient. Au-delà de la rhétorique habituelle entre Washington et Téhéran, c’est la mobilisation concrète de plusieurs acteurs régionaux qui redessine les contours d’un affrontement potentiel. Face à la perspective d’une offensive américaine, plusieurs groupes armés ont précisé la nature de leur engagement militaire.
L’avertissement est venu de plusieurs fronts simultanément. Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, les mouvements pro-iraniens basés au Liban, en Irak et au Yémen ont officiellement signalé leur disposition à étendre leur présence dans les zones de conflit. Cette levée de boucliers intervient directement après les déclarations du président américain, qui a averti le gouvernement iranien d’une « attaque encore plus sévère » en l’absence d’un nouvel accord excluant toute arme nucléaire.
Une coordination régionale affichée
Au Liban, le Hezbollah a clairement indiqué qu’il ne resterait pas passif. Nevvaf el-Musevi, responsable des frontières du parti, a utilisé une métaphore lourde de sens sur la chaîne El-Meyadin : « quand nous arriverons au pont, nous traverserons ». Une déclaration qui suggère une intervention directe en cas de frappe sur l’Iran.
Même son de cloche en Irak, où le mouvement Nuceba, par la voix de son secrétaire général Ekrem Abbas el-Kabi, a affirmé que « le peuple irakien ne restera pas spectateur ». Cette solidarité s’étend jusqu’au Yémen, où des sources militaires proches des Houthis ont tracé une ligne rouge maritime. Ces derniers ont fait savoir qu’ils « n’autoriseront aucun navire ou porte-avions américain à s’approcher de la mer Rouge ou du golfe d’Oman ». Ces tensions s’inscrivent dans un contexte déjà lourd, marqué par une méfiance accrue envers les manœuvres occidentales.
Déploiement militaire et précédents historiques
Ces menaces verbales se doublent de mouvements militaires tangibles. D’après le New York Times, l’armée américaine renforce sa présence avec des systèmes de défense aérienne Patriot et THAAD au Moyen-Orient. Le porte-avions USS Abraham Lincoln, accompagné de trois destroyers, a déjà rejoint la zone d’opérations dans le golfe d’Oman.
Du côté iranien, Ali Shamhani, conseiller du Guide suprême, a promis une riposte « étendue et sans précédent » à toute agression, même limitée. Les mémoires restent marquées par les affrontements de juin 2025, où des frappes israéliennes et américaines sur des sites nucléaires avaient entraîné des représailles iraniennes sur la base d’Al-Udeyd au Qatar, avant qu’un cessez-le-feu ne soit annoncé par Donald Trump.