En remplacement de la focalisation sur la Chine, la nouvelle zone d’intérêt prioritaire décrétée par le Pentagone pour 2026

Le Pentagone a dévoilé vendredi soir les grandes lignes de sa stratégie de défense nationale (NDS) pour 2026, marquant une rupture nette avec les orientations de la décennie écoulée. Alors que les administrations précédentes plaçaient la compétition avec les grandes puissances rivales au sommet de l’agenda, le nouveau document de référence opère un recentrage drastique sur le continent américain. Ce changement de doctrine redéfinit non seulement la posture militaire des États-Unis, mais aussi les exigences financières et opérationnelles attendues de leurs partenaires historiques.

Selon les éléments du rapport consultés par notre rédaction via Al Jazeera, le département de la Défense ne considère plus la Chine comme la priorité sécuritaire absolue. L’administration du président Donald Trump entend désormais concentrer ses efforts sur l’Hémisphère occidental et la protection du territoire national (« Homeland »). Ce virage s’inscrit dans la continuité de la rhétorique présidentielle visant à restaurer la prééminence américaine dans les Amériques, en réactivant les principes de la doctrine Monroe du XIXe siècle.

Une nouvelle approche face à Pékin

Le document de 34 pages abandonne la notion d’« endiguement » (containment) de la Chine, privilégiant une stratégie de « dissuasion » fondée sur la force plutôt que sur la confrontation directe. Le Pentagone précise que les relations avec Pékin ne doivent plus être guidées par une logique d’affrontement systématique. Fait notable souligné par les observateurs, la version non classifiée du rapport ne mentionne pas explicitement Taïwan, contrairement à la stratégie de 2022 qui identifiait les ambitions chinoises sur l’île comme un défi majeur.

Le texte indique que l’objectif est d’empêcher toute domination étrangère sur les États-Unis ou leurs alliés, tout en recherchant une « paix décente » que la Chine pourrait accepter. Cette posture tranche avec la vision de l’administration précédente, qui qualifiait Pékin de « défi central » pour la sécurité américaine.

La responsabilité transférée aux alliés

Concernant l’Europe et l’Asie-Pacifique, la stratégie 2026 impose une révision du partage du fardeau. Washington prévient qu’il ne comblera plus les « lacunes sécuritaires » résultant des choix des dirigeants alliés. Le document stipule que les partenaires des États-Unis, notamment la Corée du Sud et les membres de l’OTAN, doivent assumer leur « juste part » de la défense collective.

Pour le théâtre européen, le Pentagone estime que les alliés de l’OTAN, dont l’économie cumulée dépasse largement celle de la Russie, sont « fortement positionnés pour assumer la responsabilité principale de la défense conventionnelle de l’Europe ». Cette directive inclut le soutien à l’Ukraine, un dossier où les initiatives diplomatiques se multiplient malgré les tensions persistantes.

Conséquences pour la péninsule coréenne

En Asie, le message est similaire pour la Corée du Sud. Bien que 28 500 soldats américains y soient stationnés, la nouvelle stratégie suggère que Séoul est désormais capable d’assurer la responsabilité principale de la dissuasion face à la Corée du Nord, avec un soutien américain qualifié de « critique mais plus limité ». Cette évolution pourrait préfigurer une réduction de la présence militaire américaine sur la péninsule, alors que Séoul a déjà augmenté son budget de défense de 7,5 % cette année sous la pression de Washington.

Le document confirme par ailleurs la volonté de construire un système de défense antimissile « Golden Dome » pour l’Amérique du Nord et de sécuriser des accès militaires et commerciaux stratégiques, citant spécifiquement le Groenland.

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