Des vents d’une violence extrême et des pluies diluviennes s’abattent sur la Grande Île depuis mardi soir. Alors que les communications se rétablissent progressivement, laissant apparaître l’étendue des dégâts matériels sur la côte est, les services météorologiques s’attardent sur les données techniques de ce phénomène climatique. L’impact sur les infrastructures est visible, mais c’est l’analyse comparée de l’intensité de la tempête qui retient l’attention des spécialistes régionaux.
Le cyclone Gezani a touché terre mardi soir, frappant de plein fouet Toamasina, le principal port maritime du pays. Selon les témoignages recueillis sur place et relayés par Al Jazeera, la violence du phénomène a surpris par son ampleur. Des habitants décrivent une situation « monstrueuse », évoquant des toits arrachés, des inondations majeures et l’effondrement de murs, y compris dans des quartiers résidentiels aux constructions réputées solides.
Au-delà du constat visuel, les données satellitaires confirment le caractère exceptionnel de l’événement. Le Centre météorologique régional spécialisé (CMRS) de La Réunion a indiqué que le port de Toamasina a été traversé par la partie la plus intense du système. L’atterrissage du cyclone est considéré comme l’un des plus violents enregistrés dans la région depuis l’ère satellitaire, rivalisant directement avec le cyclone Geralda de février 1994. Pour rappel, cette tempête historique avait causé la mort d’au moins 200 personnes et sinistré un demi-million d’habitants.
Face à l’urgence, Météo Madagascar a émis des alertes rouges, synonymes de danger imminent, pour les régions d’Analanjirofo, Atsinanana, Alaotra Mangoro, Analamanga et Betsiboka. Le colonel Michael Randrianirina, au pouvoir depuis octobre, a annoncé son déplacement immédiat vers Toamasina pour superviser la réponse aux sinistres une fois le pic de la tempête passé.
Si le système a perdu en puissance lors de sa progression à l’intérieur des terres, étant rétrogradé au stade de tempête tropicale, sa trajectoire reste sous haute surveillance. Les prévisions anticipent une réintensification du phénomène lors de son passage au-dessus du canal du Mozambique, en direction du continent africain, entre Maintirano et Morondava.
Ce nouvel épisode climatique frappe un pays déjà fragilisé. Il survient moins de deux semaines après le passage du cyclone tropical Fytia, qui avait touché le nord-ouest de l’île le 31 janvier, causant la mort d’au moins 12 personnes et déplaçant plus de 31 000 sinistrés selon l’OCHA.