En France, les mécanismes comptables imposés par l’État qui creusent le budget de Le Mans Université

Le paysage de l’enseignement supérieur français traverse une zone de turbulences financières, illustrée par la situation de Le Mans Université. Alors que l’établissement avait réussi à redresser ses comptes l’année précédente, la direction annonce désormais des perspectives inquiétantes pour l’exercice 2026, pointant directement des décisions prises au niveau central par l’État.

L’annonce a été officialisée ce mardi par les dirigeants de l’université lors de la traditionnelle cérémonie des vœux. Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, l’établissement, qui accueille environ 13 000 étudiants sur ses campus du Mans et de Laval, anticipe un déficit budgétaire de 2,8 millions d’euros pour l’année 2026. Cette projection marque une rupture nette avec la clôture de l’exercice 2025, qui s’approchait de l’équilibre grâce à des efforts internes sur l’organisation pédagogique.

Pour la présidente de l’université, Delphine Letort, ce déséquilibre financier ne relève pas de la gestion interne mais d’une conjoncture imposée. Les services de l’université détaillent une « double peine » budgétaire. D’une part, la dotation principale versée par l’État pour le fonctionnement, l’enseignement et la recherche subit une amputation de 711 000 euros. D’autre part, de nouvelles charges ont été transférées aux universités sans compensation adéquate.

Jérôme Baray, vice-président du conseil d’administration, apporte un éclairage chiffré sur ces transferts de charges. Le financement des cotisations retraites et des mutuelles, désormais à la charge de l’établissement, représente un coût supplémentaire supérieur à 1,4 million d’euros. Au total, le vice-président précise que « deux millions d’euros du déficit annoncé sont directement imputables à ces mesures » étatiques.

Cette situation n’est pas un cas isolé. La fédération France Universités indique que l’ensemble des universités françaises ont dû adopter un budget déficitaire pour 2026. Face à ce constat, la présidence de Le Mans Université appelle à une action collective pour sauvegarder les missions de service public et les capacités d’innovation de l’enseignement supérieur en France.

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