En dépit de leur statut de stars mondiales, ce vide commercial incompréhensible qui entoure les Lions sur le marché sénégalais

Au sommet de leur art après un parcours victorieux, Sadio Mané et les Lions du Sénégal ont consolidé leur statut de légendes du football africain. Pourtant, au-delà de la performance sportive et de l’effervescence populaire, une analyse de nos confrères d’Emedia met en lumière un décalage saisissant entre l’aura mondiale de ces joueurs et leur sous-exploitation dans l’écosystème économique national.

L’histoire retiendra la performance de Sadio Mané, désigné meilleur joueur du tournoi, non seulement pour ses prouesses techniques mais aussi pour sa gestion des moments critiques. Lors de la finale sous haute tension face au Maroc, pays hôte, le leader des Lions a su faire preuve d’un sang-froid déterminant. Alors que des erreurs d’arbitrage jugées flagrantes menaçaient de faire dégénérer la rencontre, et que la tentation de quitter la pelouse gagnait les rangs sénégalais, le numéro 10 a, selon les informations rapportées, consulté des experts avant de convaincre ses coéquipiers de reprendre le jeu. Ce geste a permis de sauver la face d’une compétition marquée par des irrégularités organisationnelles.

Cette victoire, orchestrée par le coach Pape Thiaw dans la continuité du travail d’Alioune Cissé, a également révélé la profondeur du banc sénégalais avec l’éclosion de jeunes talents comme Ibrahima Mbaye, 17 ans. La valeur marchande de l’effectif, ou « mercato », s’en trouve logiquement rehaussée, confirmant la vitalité des centres de formation locaux.

Cependant, c’est sur le terrain économique que le bât blesse. Malgré une notoriété qui dépasse les frontières, l’image des champions d’Afrique reste paradoxalement absente des grandes campagnes publicitaires nationales. Emedia souligne une « vacuité » marketing surprenante : là où les stars internationales saturent l’espace visuel dans d’autres pays, les figures de proue de la sélection — Mané, Gana Guèye, Koulibaly, Mendy ou Illiman Ndiaye — sont peu sollicitées par les grandes entreprises locales.

Les secteurs bancaires, les compagnies d’assurances ou encore les opérateurs de télécommunications sénégalais semblent hésiter à utiliser ces vecteurs d’influence pour pénétrer les marchés ou fidéliser leur clientèle. Cette frilosité tranche avec l’attractivité de ces joueurs à l’étranger et représente, selon les observateurs, une opportunité manquée de « soft power ».

Au-delà du simple aspect commercial, cette absence de connexion prive le Sénégal d’un levier puissant pour relancer des secteurs clés comme le tourisme. Le capital sympathie et le carnet d’adresses des Lions pourraient pourtant servir d’arguments majeurs pour attirer des investisseurs potentiels, dans une logique où la renommée sportive viendrait soutenir l’ambition économique du pays.

Votre avis sera publié et visible par des milliers de lecteurs. Veuillez l’exprimer dans un langage respectueux.

Laisser un commentaire