Élections au Bangladesh : Le facteur logistique inédit qui compliquera le dépouillement après la fermeture des bureaux

Le Bangladesh s’apprête à vivre, ce jeudi 12 février, un moment charnière de son histoire politique récente. Pour la première fois depuis la chute de l’ancienne Première ministre Sheikh Hasina en 2024 et la mise en place d’un gouvernement intérimaire dirigé par le prix Nobel Muhammad Yunus, les citoyens sont appelés aux urnes. Ce scrutin législatif, qui vise à renouveler les 300 sièges du Parlement, se déroule dans un contexte marqué par l’absence notable de l’Awami League, le parti historique désormais banni, et par une procédure de vote complexifiée.

Les bureaux de vote ouvriront leurs portes de 7h30 à 16h30 pour accueillir plus de 127 millions d’électeurs inscrits. Si l’objectif principal reste la formation d’un nouveau gouvernement, la Commission électorale du Bangladesh (ECB) a intégré une dimension supplémentaire à cette journée. En parallèle du choix de leurs représentants, les électeurs devront se prononcer par référendum sur la « Charte nationale de juillet 2025 ». Ce texte, élaboré à la suite des mouvements étudiants, définit la feuille de route pour les futurs amendements constitutionnels.

Selon les informations rapportées par Al Jazeera, cette double consultation aura un impact direct sur le déroulement de la soirée électorale. Les responsables de l’ECB ont d’ores et déjà prévenu que le dépouillement prendrait plus de temps qu’à l’accoutumée. Les agents électoraux devront traiter deux types de bulletins distincts : les blancs pour les législatives et les roses, spécifiquement dédiés au référendum constitutionnel.

La configuration politique du scrutin présente également une rupture avec les décennies précédentes. Avec l’interdiction de l’Awami League, dont la dirigeante a été condamnée par contumace pour crimes contre l’humanité, l’opposition traditionnelle se fracture. Le Parti nationaliste du Bangladesh (BNP), crédité de 33 % des intentions de vote par l’International Republican Institute, fait désormais face à son ancien allié, la Jamaat-e-Islami. Cette formation islamiste, revenue dans le jeu légal en juin 2025, talonne le BNP avec 29 % des sondages et s’est alliée au Parti national citoyen (NCP), issu de la contestation étudiante.

Une autre innovation majeure marque ce scrutin : l’introduction du vote par correspondance pour la diaspora. Environ 15 millions de travailleurs expatriés, dont les envois de fonds constituent un pilier de l’économie nationale, pourront pour la première fois participer à l’élection de leurs dirigeants, élargissant ainsi le corps électoral effectif.

Votre avis sera publié et visible par des milliers de lecteurs. Veuillez l’exprimer dans un langage respectueux.

Laisser un commentaire