La disparition brutale d’Abdoulaye Ba, étudiant à la Faculté de Médecine, a provoqué une onde de choc qui dépasse les frontières du monde universitaire. Face à ce drame, Cheikh Ibrahima Diallo, secrétaire général du parti Justice et Développement (PJD), est monté au créneau pour dénoncer une tragédie évitable.
Le leader politique martèle qu’il est « inimaginable d’envoyer à la mort un étudiant qui manifeste parce qu’il a faim ». Refusant que ce décès soit passé par « perte et profit », il réclame une enquête indépendante et demande des sanctions exemplaires, allant jusqu’à la démission du ministre de l’Intérieur et de toute la chaîne de commandement impliquée.
Une crise nourrie par des dysfonctionnements profonds
Ce nouvel épisode sanglant met en lumière les origines persistantes de la crise des bourses au Sénégal. Le retard systémique dans le versement des allocations demeure le principal point de rupture entre l’État et les étudiants. Pour beaucoup de jeunes issus des régions, la bourse représente l’unique rempart contre l’insécurité alimentaire, faisant de chaque retard de paiement une menace directe pour leur survie quotidienne.
L’asphyxie financière liée à la massification constitue un autre facteur aggravant.
Le nombre croissant d’étudiants admis chaque année pèse lourdement sur l’enveloppe budgétaire du ministère de l’Enseignement supérieur, créant des tensions constantes dans la trésorerie publique. Par ailleurs, la gestion sécuritaire des revendications sociales transforme régulièrement les campus en zones de conflit. Au lieu d’un dialogue apaisé sur les conditions de vie, c’est souvent la confrontation physique qui prend le dessus, menant à des issues fatales comme celle de ce jeune étudiant en médecine.
L’urgence d’une réponse structurelle
Le cri du cœur de Cheikh Ibrahima Diallo résonne comme un avertissement pour les autorités. Au-delà des sanctions réclamées, c’est tout le système de soutien social aux étudiants qui doit être repensé. La mort d’Amadou Ba rappelle cruellement que sans une réforme profonde de la gestion des bourses et un respect strict des libertés académiques, l’université sénégalaise continuera d’être le théâtre de drames humains que la nation ne peut plus supporter.