La ministre de la Jeunesse, des Sports et de la Culture, Djireye Clotilde Coly, est la cible d’une campagne de cyberharcèlement depuis la défaite de l’équipe nationale de football face à la France. Les messages, selon Lebrief, sont hostiles et mêlent critiques, insultes et moqueries, bien qu’elle ne soit pas intervenue dans les choix techniques des Lions.
La rencontre a suscité une forte émotion au Sénégal, où le football occupe une place centrale dans la vie publique. Les revers de la sélection nationale provoquent souvent des réactions immédiates et massives, amplifiées par les plateformes numériques. Dans ce climat passionné, la frontière entre critique légitime de gestion et attaque personnelle tend à s’effacer rapidement.
Cette séquence dépasse le seul cadre sportif. Elle pose la question de la protection des responsables publics, en particulier des femmes, face aux campagnes coordonnées sur internet. La ministre n’est pas la première personnalité à subir de telles attaques, mais son cas met en lumière un phénomène plus large.
Les violences en ligne touchent de nombreux Sénégalais. Comme le rapportait récemment dakaractu, l’histoire de Fatou, 19 ans, est devenue tristement banale. Après avoir partagé des photos intimes avec une personne de confiance, elle a vu les images circuler sur WhatsApp. Les insultes ont suivi. Trois ans plus tard, sortir de chez elle reste une épreuve.
Les chiffres officiels confirment l’ampleur du problème. En 2025, la Commission de protection des données personnelles a traité 456 dossiers, mais seulement 20 plaintes formelles ont été déposées. Depuis 2018, la division spéciale de lutte contre la cybercriminalité a enregistré près de 5 000 cas de diffusion d’images intimes sans consentement.


