La Maison de la Presse Babacar Touré a servi de cadre, ce vendredi 23 janvier 2026, à une réflexion de fond sur la gestion des ressources naturelles au Sénégal. Au-delà de la simple cérémonie de dédicace, la présentation de l’ouvrage de Maké Dangnokho a permis de poser un diagnostic précis sur les rapports complexes entre les industries extractives et les populations riveraines, en présence d’acteurs clés du secteur et de la société civile.
L’ouvrage, intitulé « Exploitation minière et communautés locales : le cas PMC à Mankou » et préfacé par Thialy Faye, président de l’ITIE Sénégal, dépasse le cadre purement académique pour porter la voix des habitants de l’Est du pays. Selon nos informations, l’auteur a structuré sa démarche autour d’une enquête de terrain approfondie menée dans les régions de Tambacounda et Kédougou. En se focalisant sur le cas spécifique de la société PMC à Mankou, Maké Dangnokho documente l’écart persistant entre les indicateurs macroéconomiques et le vécu quotidien des communautés en matière de santé, d’éducation et d’environnement.
Cette analyse de terrain a suscité une réaction officielle notée de la part des autorités. Représentant le ministre de l’Énergie, du Pétrole et des Mines, le Dr Ousmane Cissé, directeur des Mines, a saisi cette occasion pour réitérer la position de l’État sur la gouvernance du secteur. S’appuyant sur l’article 25 de la Constitution, qui consacre l’appartenance des ressources naturelles au peuple, l’autorité a rappelé les quatre piliers censés encadrer cette exploitation : la transparence, la protection environnementale, le bien-être des populations et la croissance économique.
L’intervention du Directeur des Mines a permis de clarifier la doctrine gouvernementale face aux risques sociaux liés à l’extraction. Pour le Dr Cissé, la ressource naturelle n’est intrinsèquement ni une bénédiction ni une malédiction ; sa nature dépend exclusivement de la qualité de sa gouvernance. Il a ainsi souligné que l’exploitation ne devient légitime que lorsqu’elle se traduit par une amélioration tangible des conditions de vie des riverains, insistant sur l’importance du contenu local, de la formation et de l’emploi des jeunes pour éviter que l’activité minière ne se fasse au détriment de la dignité humaine.