Le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, paralysé par les récentes tensions géopolitiques, connaît une brèche diplomatique. Face à une situation d’urgence sur son territoire, le gouvernement indien a obtenu un accord spécifique de Téhéran pour le passage de ses navires commerciaux.
Selon les informations rapportées par la chaîne Al Jazeera, deux pétroliers battant pavillon indien ont traversé le détroit en toute sécurité ce samedi. Ces navires transportent du gaz de pétrole liquéfié (GPL), destiné aux ports de l’ouest de l’Inde. Rajesh Kumar Sinha, secrétaire spécial du ministère indien des Ports, de la Navigation et des Voies navigables, a confirmé lors d’un point de presse à New Delhi que les pétroliers sont actuellement en route vers leur destination.
Cette autorisation constitue une dérogation rare au blocus imposé par Téhéran. L’Iran a en effet largement interrompu le trafic dans cette voie maritime stratégique, par laquelle transite habituellement un cinquième des approvisionnements mondiaux en pétrole, depuis les attaques lancées contre son territoire à la fin du mois dernier par les États-Unis et Israël. L’ambassadeur d’Iran en Inde, Mohammad Fathali, a justifié cette exception par les liens historiques entre les deux nations, sans préciser le nombre exact de navires autorisés à transiter au total.
Ce dénouement fait suite à des échanges au plus haut niveau de l’État. Jeudi dernier, le Premier ministre indien Narendra Modi s’est entretenu avec le président iranien Masoud Pezeshkian pour discuter spécifiquement du transit des biens et de l’énergie en provenance du Golfe.
L’arrivée de ces cargaisons répond à une pénurie critique de gaz de cuisson en Inde. Pour faire face à cette crise, le gouvernement indien a activé des pouvoirs d’urgence la semaine dernière, ordonnant aux raffineries de maximiser leur production de GPL et réduisant les ventes à l’industrie pour privilégier les 333 millions de foyers équipés. Le ministère du Pétrole et du Gaz naturel a également interdit samedi aux consommateurs disposant d’un raccordement au gaz naturel canalisé (PNG) de conserver ou d’obtenir des bouteilles de GPL domestique, une mesure visant à restructurer la distribution et à éviter les achats de panique.
Tous les pays des BRICS seront exemptés. Cette guerre contre l’Iran n’est qu’un prétexte pour freiner l’ascension fulgurante de cette entité qui fragilise la suprématie du billet vert. Le maintien de l’hégémonie du dollar américain est l’unique raison pour laquelle les États-Unis ont attaqué l’Iran, que Donald Trump considère comme une pièce maîtresse de cet échiquier. En perturbant l’approvisionnement en pétrole, en gaz et en matières premières provenant d’Asie et de Russie, Washington contraint le reste du monde à se tourner vers le marché occidental. Par ricochet, cette stratégie vise à affaiblir les BRICS et à replacer le dollar au centre de l’économie mondiale.