Détournant des plans classifiés, deux Israéliens font face à la justice pour avoir parié sur la guerre via ce site américain

C’est une affaire qui mêle sécurité nationale et appât du gain au cœur de l’appareil de défense israélien. Une enquête conjointe menée par le ministère de la Défense, le Shin Bet et la police a conduit à l’inculpation de deux individus accusés d’avoir exploité des informations sensibles pour générer des profits personnels.

Selon les éléments rapportés par Al Jazeera, les suspects, un civil et un réserviste de l’armée, ont utilisé des renseignements classifiés pour anticiper le déroulement d’opérations militaires. L’objectif de cette manœuvre n’était pas l’espionnage traditionnel, mais la spéculation financière sur une plateforme bien précise.

**Des paris sur l’issue des conflits**

Les autorités israéliennes révèlent que les deux hommes ont placé des paris sur Polymarket, un site de prédiction basé aux États-Unis. Ce marché permet aux utilisateurs de miser sur l’issue d’événements mondiaux, qu’il s’agisse d’élections, de résultats sportifs ou, dans ce cas précis, d’événements géopolitiques et militaires.

Le réserviste, profitant de son accès direct aux plans opérationnels, aurait transmis les informations nécessaires pour placer des mises gagnantes sur de futures actions de l’armée. D’après le diffuseur public israélien Kan, ces paris ont été enregistrés en juin, anticipant notamment l’évolution des tensions avec l’Iran. Les gains générés par ce délit d’initié d’un nouveau genre s’élèveraient à environ 150 000 dollars (environ 90 millions de FCFA).

**Une « ligne rouge » franchie**

Si l’armée israélienne assure que l’incident n’a causé « aucun dommage opérationnel » sur le terrain, elle qualifie l’acte de « défaillance éthique grave » et de franchissement clair d’une ligne rouge. Le communiqué officiel souligne que de telles actions posent un « risque réel pour la sécurité » de l’État et de ses forces armées.

Le parquet a décidé d’inculper les deux suspects pour des infractions graves à la sécurité, ainsi que pour corruption et entrave à la justice. L’identité des individus et le rang exact du réserviste n’ont pas été divulgués par les services de sécurité, qui promettent d’agir résolument pour déjouer toute utilisation illégale d’informations classifiées à l’avenir.

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