Démilitarisation de Gaza : La contre-proposition chiffrée que le Hamas oppose aux exigences de Washington

Intervenant depuis Doha lors du Forum Al Jazeera, Khaled Meshaal, chef politique du Hamas à l’étranger, a abordé la question centrale de l’avenir sécuritaire de la bande de Gaza. Alors que les médiateurs internationaux et l’administration américaine insistent sur la nécessité d’une démilitarisation pour stabiliser la région, le dirigeant palestinien a fermement écarté cette éventualité dans le contexte actuel, préférant mettre en avant une formule alternative pour garantir une cessation des hostilités.

Pour la direction du mouvement, la remise des armes équivaudrait à une reddition pure et simple face à une puissance occupante. Khaled Meshaal estime que désarmer la résistance alors que l’occupation israélienne perdure transformerait le peuple palestinien en « une proie facile à éliminer ». Selon lui, les discussions actuelles sur le désarmement s’inscrivent dans une tentative séculaire de neutraliser toute forme de résistance armée palestinienne.

Cette position intervient alors que le président américain Donald Trump a récemment plaidé pour une démilitarisation « complète » du Hamas, menaçant le groupe de répercussions en cas de refus. Washington, dans le cadre de la deuxième phase d’un accord de cessez-le-feu négocié, propose notamment le déploiement d’une force internationale de maintien de la paix pour superviser ce processus.

Une trêve de longue durée comme alternative

Plutôt que le démantèlement de sa branche militaire, le Hamas propose une autre approche pour assurer la sécurité. Khaled Meshaal a évoqué la possibilité d’une trêve prolongée, s’étendant sur une période de cinq à dix ans. Cette proposition est présentée comme une garantie suffisante que les armes ne seraient pas utilisées, sans pour autant priver les Palestiniens de leur moyen de défense face à ce qu’il qualifie d’entité « armée de tout l’arsenal international ».

Le dirigeant a précisé que cette vision avait fait l’objet d’échanges via les médiateurs du Qatar, de la Turquie et de l’Égypte. Il souligne que la priorité doit être la reconstruction et l’aide humanitaire, plutôt que des débats sur l’armement qui, selon lui, visent à créer le chaos en transférant ces armes à des milices tierces.

Appel à une offensive diplomatique

Au-delà de la stratégie militaire, Khaled Meshaal a exhorté les États arabes et musulmans à changer de paradigme sur la scène internationale. Il appelle à passer d’une politique défensive à une stratégie offensive diplomatique, visant à isoler Israël et à lui faire perdre sa légitimité internationale, en dressant un parallèle avec le régime de l’apartheid en Afrique du Sud.

Revenant sur les événements du 7 octobre 2023, qu’il qualifie de « tournant », il a noté que le conflit a forcé la communauté internationale à reconsidérer la question palestinienne. Bien qu’il ait salué la reconnaissance de l’État palestinien par 159 pays, il juge ces avancées insuffisantes tant qu’elles ne se traduisent pas par une réalité concrète sur le terrain, réaffirmant que la résistance demeure, à ses yeux, un droit inaliénable pour tout peuple sous occupation.

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