Kédougou, 26 mai — Les femmes de Noubou, un village du département de Salémata, ont réceptionné lundi une unité de transformation du beurre de karité alimentée par l’énergie solaire. L’installation entre dans le cadre d’un projet porté par les jeunes de cette localité de la région de Kédougou, avec l’ambition de faire passer cette activité d’une logique de cueillette et de vente de matière brute à une production locale à plus forte valeur ajoutée.
Le dispositif a été initié par l’Association des ressortissants de Kédougou pour le développement à Paris (ARKD) et mis en œuvre par l’Association des jeunes de Salémata, avec l’appui de la Fondation EDF en France. Lors de la cérémonie, à laquelle ont pris part le chef de village Mamadou Lamarana Diallo, des femmes de Noubou, ainsi que Moussa Souaré et Bocar Ndiaye de l’ARKD, Labo Diallo a indiqué, comme l’écrit APS, que ce projet devait améliorer les conditions de travail des femmes et servir de point d’appui aux familles vivant surtout de l’agriculture et des fruits sauvages.
Production, conservation et revenus visés
Selon le président de l’Association des jeunes de Salémata, l’accès à l’énergie solaire doit permettre d’augmenter la production de beurre de karité et de renforcer l’autonomisation économique des femmes de cette zone frontalière avec la Guinée Conakry. Il a aussi sollicité un appui complémentaire auprès de l’ARKD et de son partenaire financier pour l’acquisition d’un véhicule destiné au transport des produits agricoles vers les marchés de la région de Kédougou et du Sénégal.
Moussa Souaré, président de l’Association des ressortissants de Kédougou pour le développement à Paris, a pour sa part mis en avant un équipement composé de l’unité de transformation et d’un frigo solaire de conservation. Il a cité parmi les résultats attendus la création d’emplois, l’augmentation des revenus des ménages impliqués à travers leur association, l’amélioration de la qualité et de la traçabilité du beurre de karité, ainsi qu’une baisse des pertes grâce à une meilleure conservation des stocks.
Ce type d’équipement est aussi recherché dans d’autres zones rurales pour rompre avec la vente de produits bruts, un verrou qui limite depuis longtemps les revenus féminins. A Kaffrine, l’installation d’une unité de transformation agroalimentaire à Ndioum Ngainth avait déjà illustré ce basculement: en donnant aux femmes les moyens de transformer sur place, ce genre d’outil rebat les cartes de l’emploi féminin, ouvre des débouchés plus rémunérateurs et ancre davantage la valeur ajoutée dans les localités. A Noubou, Moussa Souaré a également évoqué la réduction des coûts d’énergie et de l’empreinte carbone grâce au solaire, ainsi que la formation continue des femmes et des techniciens bénéficiaires.