Une controverse aux relents géopolitiques secoue le cricket britannique. La prestigieuse ligue « The Hundred », organisée par l’England and Wales Cricket Board (ECB), se retrouve au cœur d’accusations de discrimination envers les joueurs pakistanais. En cause : l’influence présumée de franchises indiennes, copropriétaires de la moitié des équipes du tournoi.
Le malaise a éclaté suite à des rapports médiatiques, notamment de la BBC, suggérant une règle tacite d’exclusion. Selon ces sources, un agent sportif aurait été informé par un officiel de l’ECB que les joueurs pakistanais ne seraient pas sélectionnés par les quatre équipes ayant des liens capitalistiques avec l’Indian Premier League (IPL). Un autre agent a qualifié la situation de « règle non écrite », jetant une ombre sur l’équité du processus de sélection.
Cette révélation a provoqué une levée de boucliers dans le monde du cricket, poussant l’ECB à réagir fermement. Dans un communiqué officiel, l’instance dirigeante a réaffirmé son engagement pour une compétition « inclusive, accueillante et ouverte à tous ».
« La sélection doit être basée uniquement sur la performance sportive, la disponibilité et les besoins de chaque équipe. Les joueurs ne doivent pas être exclus en raison de leur nationalité », a martelé l’organisation, rappelant que des réglementations robustes étaient en place pour sanctionner toute forme de discrimination.
Malgré ces assurances, l’incertitude demeure chez les athlètes concernés. Sahibzada Farhan, l’un des meilleurs batteurs pakistanais actuels, a exprimé son espoir d’être sélectionné, tout en reconnaissant les limites de son influence. « Ce n’est pas entre nos mains de savoir qui nous choisit ou non », a-t-il déclaré. « Nous sommes prêts à jouer. J’espère être retenu, car The Hundred est l’une des meilleures ligues. » Au total, 67 joueurs pakistanais, dont des stars comme Shaheen Shah Afridi et Naseem Shah, se sont inscrits pour la draft de mars.
Cette polémique met en lumière les nouvelles réalités économiques du cricket anglais. L’an dernier, pour assainir ses finances, l’ECB a cédé des parts de la ligue à des investisseurs indiens. Les équipes de Manchester, Londres (MI London), Southern Brave et Leeds sont désormais co-détenues par des entreprises possédant également des franchises en IPL. Tous les regards sont désormais tournés vers la draft de mars, qui fera office de véritable test pour la crédibilité et l’impartialité de la compétition.