La clôture du congrès du Parti des travailleurs en Corée du Nord a été marquée par une série d’événements à Pyongyang. Au terme d’une semaine de réunions stratégiques, le dirigeant Kim Jong Un a procédé à une remise d’équipement ciblant les hauts responsables du régime, mettant en lumière la réorganisation de son cercle intime.
Selon les données exploitées par notre rédaction auprès d’Al Jazeera, qui s’appuie sur l’agence officielle nord-coréenne KCNA, Kim Jong Un a offert de nouveaux fusils de précision à des cadres supérieurs du gouvernement et de l’armée. Cette dotation, effectuée vendredi, a été présentée par le dirigeant comme une marque de sa « confiance absolue » et de sa gratitude pour leur engagement depuis le précédent congrès de 2021.
Les photographies diffusées par les médias d’État montrent ces responsables en train de viser avec ces fusils sur un stand de tir. À leurs côtés, la fille adolescente du dirigeant, identifiée sous le nom probable de Kim Ju Ae et âgée d’environ 13 ans, a également été aperçue en train de manipuler une arme. Vêtue d’un manteau en cuir marron similaire à celui de son père, elle multiplie les apparitions publiques depuis un essai de missile balistique en novembre 2022. Sa présence à des événements majeurs, incluant des démonstrations militaires, des inaugurations d’usines et un sommet à Pékin en septembre, documente son intégration progressive dans l’appareil d’État.
Les publications officielles ont également confirmé la promotion de Kim Yo Jong, la sœur de Kim Jong Un. Jusqu’ici porte-parole chargée des déclarations à l’encontre des États-Unis et de la Corée du Sud, elle occupe désormais le poste de directrice des affaires générales du comité central du parti. Cette nouvelle fonction lui confère la supervision des opérations internes et des affaires administratives de la formation politique.
Sur le plan géopolitique, ce congrès, qui a réuni quelque 5 000 délégués et s’est achevé mercredi par un défilé militaire, a permis de fixer le cap du régime. Kim Jong Un y a réitéré son intention d’accélérer le développement de son arsenal nucléaire. Il a formellement écarté toute reprise du dialogue avec la Corée du Sud, déclarant que ses forces pourraient « détruire complètement » son voisin du sud.
Concernant les États-Unis, le dirigeant a conditionné toute discussion à l’abandon par Washington de ses politiques qualifiées d’hostiles et de ses exigences de dénucléarisation. Il a précisé que les relations pourraient s’améliorer si l’administration américaine accepte de respecter le statut actuel de la Corée du Nord, tel qu’il est défini par sa Constitution.