La diplomatie nord-coréenne amorce un virage stratégique majeur. Les services de renseignement sud-coréens (NIS) ont fait état de changements significatifs dans la posture de Pyongyang, tant sur le plan de ses alliances internationales que dans la gestion de ses affaires intérieures et régionales.
Selon les informations relayées par la chaîne Al Jazeera, la Corée du Nord prendrait ses distances avec l’Iran, un de ses partenaires historiques. Lors d’une réunion à huis clos tenue dimanche, le député sud-coréen Park Sun-won a rapporté les conclusions du NIS : aucun signe d’envoi d’armes ou de matériel à Téhéran n’a été détecté depuis le déclenchement de la guerre israélo-américaine contre l’Iran fin février.
Cette prise de distance s’illustre également par des actes diplomatiques mesurés. Contrairement à la Chine et à la Russie, le ministère nord-coréen des Affaires étrangères s’est limité à deux déclarations au ton modéré concernant ce conflit. Plus marquant encore, Pyongyang n’a présenté aucune condoléance publique suite au décès du Guide suprême l’ayatollah Ali Khamenei, ni adressé de message de félicitations à son fils et successeur, Mojtaba Khamenei. Selon les services de renseignement sud-coréens, cette prudence vise un objectif précis : positionner la Corée du Nord pour l’ouverture d’un nouveau chapitre diplomatique avec les États-Unis une fois les tensions au Moyen-Orient apaisées.
Sur le plan intérieur, le NIS a informé les parlementaires que le dirigeant Kim Jong Un préparerait sa fille adolescente à sa succession. Âgée d’environ 13 ans et prénommée Ju Ae, elle a récemment été mise en scène au volant d’un char. Ces images ont pour but de souligner ses aptitudes militaires, une démarche qui rappelle les apparitions publiques de Kim Jong Un au début des années 2010, lorsqu’il était lui-même préparé pour succéder à son père.
Parallèlement, une rare détente a été observée avec la Corée du Sud. Lundi, Kim Yo Jong, la puissante sœur du dirigeant nord-coréen, a publiquement salué les excuses présentées la veille par le président sud-coréen Lee Jae Myung. Ce dernier a exprimé ses regrets concernant une incursion de drones survenue en janvier, admettant, après enquête, l’implication de responsables gouvernementaux, alors que Séoul avait initialement pointé du doigt des civils.
Dans une déclaration diffusée par l’agence officielle KCNA, Kim Yo Jong a qualifié cette démarche gouvernementale de « comportement très heureux et sage ». Cette réaction contraste fortement avec les tensions des derniers mois. Le président Lee Jae Myung, qui tente de restaurer les liens bilatéraux depuis son arrivée au pouvoir, avait vu ses précédentes ouvertures ignorées. En mars dernier, Kim Jong Un avait qualifié Séoul d’« État le plus hostile », promettant de le « rejeter et de l’ignorer complètement ».
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