Contrôle des ports secondaires : la délégation de Ziguinchor rallie Kaolack et formule une mise en garde sécuritaire.

La décision de transférer la gestion des stations portuaires régionales au Port autonome de Dakar (PAD) se heurte à une résistance organisée. Face à cette directive centralisatrice, les acteurs économiques des régions concernées mutualisent leurs forces pour conserver le contrôle de leurs infrastructures historiques.

Une délégation d’opérateurs économiques de Ziguinchor, conduite par le vice-président de la Chambre de Commerce, d’Industrie et d’Agriculture (CCIAZ), Aboubacar Camara, a été reçue vendredi dernier à Kaolack par Serigne Mboup. Selon les informations rapportées par Sud Quotidien, cette rencontre visait à sceller une alliance entre les deux chambres consulaires afin de contester le retrait unilatéral de la gestion de leurs ports respectifs au profit du PAD, dirigé par Wally Diouf Bodian.

Lors de cette visite, qui a inclus des passages au complexe « Cœur de ville » et sur les installations portuaires locales, les griefs économiques ont été exposés. Aboubacar Camara a affirmé que le PAD, qu’il décrit comme étant en crise économique, chercherait à s’accaparer les ports secondaires pour assurer sa propre survie. Il a rappelé que ces infrastructures sont le fruit des investissements des opérateurs locaux, soulignant qu’à Kaolack comme à Ziguinchor, ce sont les chambres consulaires qui ont initialement aménagé et développé ces espaces.

Au-delà de l’enjeu purement financier, la délégation du Sud a mis en avant un risque social majeur. Le vice-président de la CCIAZ a averti que la mise au chômage de nombreux jeunes dépendant du port de Ziguinchor pourrait raviver les tensions dans une région marquée par quarante ans de crise, faisant notamment référence à une récente attaque signalée dans la zone de Sindia. Il a également indiqué que cette politique risquait, de fait, de renforcer l’attractivité du port de Conakry, en Guinée voisine.

De son côté, Serigne Mboup a soutenu que le décret de 2023 encadrant l’affectation des ports secondaires au PAD ne saurait annuler les droits acquis des chambres consulaires ni les conventions en cours avec les partenaires et l’État. Le président de la Chambre de commerce de Kaolack a particulièrement dénoncé la méthode de déploiement des équipes de Dakar sur le terrain. Il a pointé l’arrivée de nouveaux directeurs sans prise de fonction officielle, sans passation de service ni concertation préalable.

En réponse à l’installation de panneaux à l’effigie du PAD visant à marquer le territoire portuaire, Serigne Mboup a joint l’acte à la parole en déclarant avoir ordonné leur enlèvement pur et simple, arguant que ces supports n’avaient pas encore le droit de figurer dans ces espaces.

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