Contre l’argument du manque de ressources pour les bourses, le parallèle financier chiffré que Ibrahima Thiam oppose au gouvernement

La mort d’un étudiant en médecine à l’Université Cheikh Anta Diop (Ucad), survenue lundi en marge d’affrontements entre forces de l’ordre et pensionnaires réclamant leurs bourses, suscite une vive réaction au sein de la classe politique. Dans une tribune relayée par Le Quotidien, Ibrahima Thiam, président du parti ACT, refuse la thèse de l’accident ou du simple manque de liquidités. Pour l’opposant, ce drame met en lumière une gestion budgétaire où les priorités de l’État se situent loin des amphithéâtres.

Les faits sont établis : des étudiants manifestaient pour le paiement d’arriérés de bourses, qualifiés de « minimum vital » par Ibrahima Thiam, lorsque la situation a dégénéré, entraînant la perte d’une vie humaine. Face à cette tragédie, le leader de l’ACT rejette l’argument de l’insolvabilité de l’État. Il appuie sa démonstration sur une comparaison chiffrée précise, mettant en balance la détresse estudiantine et les récentes largesses accordées au monde du sport.

Selon Ibrahima Thiam, l’incapacité affichée à payer les allocations universitaires contraste violemment avec les moyens débloqués pour l’équipe nationale de football. Il rappelle que le gouvernement a octroyé « 75 millions de francs Cfa à chaque footballeur et membre du staff », accompagnés de terrains de 1500 m². Pour le responsable politique, il ne s’agit pas de blâmer les sportifs, mais d’interroger la cohérence d’un État qui trouve des milliards pour des primes de prestige tout en laissant des étudiants affronter les forces de l’ordre pour leur survie quotidienne.

Cette dichotomie traduit, aux yeux du président de l’ACT, un « choix politique cynique ». Il accuse le pouvoir d’avoir privilégié « les stades plutôt que les amphithéâtres » et « le spectacle au détriment de l’éducation ». Le texte souligne que l’étudiant décédé, futur médecin, a perdu la vie en revendiquant un droit élémentaire face à un gouvernement qui a opté pour la répression policière plutôt que le règlement financier.

Ibrahima Thiam conclut en exigeant que les responsabilités soient situées et que la vérité soit faite sur ce qu’il qualifie d’échec moral et politique. Pour lui, ce drame doit marquer une rupture dans la manière dont l’État définit ses priorités budgétaires, sous peine de s’inscrire dans une continuité de violence face aux revendications sociales.

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