Contre la version officielle d’un raid mexicain, la piste technique qui justifierait la paralysie du ciel texan

La ville d’El Paso, au Texas, a connu une perturbation majeure et soudaine de son trafic aérien. Alors que l’administration américaine a rapidement justifié cette mesure exceptionnelle par une menace sécuritaire précise venant de la frontière mexicaine, des éléments techniques émanant de sources fédérales suggèrent un scénario bien différent de la version officielle.

L’incident a débuté par une fermeture abrupte de l’espace aérien au-dessus de cette ville frontalière, située face à Ciudad Juarez. L’Administration fédérale de l’aviation (FAA) a d’abord interrompu le trafic avant d’annoncer, en fin de matinée mercredi, une reprise normale des vols, assurant qu’il n’y avait « aucune menace pour l’aviation commerciale ». Cependant, entre le début de l’alerte et la levée des restrictions, l’explication fournie par l’exécutif américain a placé la sécurité nationale au centre des débats.

L’administration du président Donald Trump a affirmé que cette fermeture résultait d’une incursion de drone opéré par un cartel mexicain. Le secrétaire aux Transports, Sean Duffy, a déclaré que la FAA et le ministère de la Défense avaient agi rapidement pour neutraliser cette menace. Cette version s’inscrit dans la politique de fermeté affichée par la Maison Blanche, qui a récemment commencé à désigner les cartels comme des « organisations terroristes étrangères », ouvrant la voie à de potentielles actions militaires transfrontalières.

Cependant, cette thèse officielle se heurte à des informations contradictoires. D’une part, la présidente mexicaine Claudia Sheinbaum a indiqué n’avoir « aucune information sur l’utilisation de drones à la frontière », bien qu’une enquête ait été ouverte. D’autre part, et c’est là que le récit se fissure, des sources américaines internes offrent une lecture purement technique de l’événement.

Selon des informations relayées par Al Jazeera, qui cite des responsables s’exprimant sous couvert d’anonymat auprès de médias américains, l’incident pourrait être une fausse alerte. Deux hypothèses matérielles sont avancées par ces sources pour expliquer la confusion : des tests de systèmes laser anti-drones menés par l’armée américaine près d’El Paso, ou la détection erronée d’un ballon de fête, pris pour un engin hostile. Ce type de méprise aurait conduit à l’activation des protocoles de défense et à la fermeture de l’espace aérien.

Malgré ces doutes techniques, l’incident a été utilisé politiquement à Washington. La procureure générale Pam Bondi a cité cet événement devant la Chambre des représentants comme preuve de la nécessité de « frapper des coups cruciaux » contre les organisations criminelles. Une approche contestée localement : Veronica Escobar, représentante démocrate d’El Paso, a exigé des explications claires, estimant que les informations fournies par le gouvernement fédéral « ne collent pas » avec la soudaineté de la levée de l’alerte.

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