Contre la montée des discours haineux après la finale de la CAN, la haute autorité spirituelle qui s’interpose pour recadrer les débats

Les remous de la finale de la CAN 2025 ne se sont pas limités à la pelouse. Suite aux incidents et à la virulence des échanges observés sur les réseaux sociaux, le climat s’est considérablement tendu entre certaines franges de supporters. Face à cette agitation qui menace de déborder le simple cadre sportif, une voix influente a pris la parole pour rappeler les fondamentaux immuables de la relation entre Dakar et Rabat.

C’est depuis Fès que le message d’apaisement a été lancé. Mohammed El Kébir Ben Sidi Ahmed Tidjani, Cheikh de la voie Tidjane, a exprimé sa « vive préoccupation » devant la tournure des événements post-match. Selon les propos relayés par nos confrères du journal Le Quotidien, l’autorité religieuse s’est insurgée contre les discours de division nés d’une rencontre marquée par un penalty contesté et un envahissement de terrain. Pour la Cheikhie, ces débordements passionnels ne sauraient remettre en cause la « sacralité des liens » unissant les deux nations.

L’intervention se veut un rappel à l’ordre historique et spirituel. Le communiqué insiste sur le fait que la relation maroco-sénégalaise transcende les intérêts politiques ou les compétitions passagères. Elle repose sur un héritage séculaire, consolidé par des figures emblématiques telles qu’El Hadj Omar Foutiyou Tall, El Hadj Malick Sy ou Cheikh Ibrahim Niass. La Cheikhie a ainsi mis en garde contre toute tentative d’instrumentalisation du sport pour « semer la discorde », qualifiant les propos haineux de « discours de fitna » qu’il convient de rejeter avec fermeté.

Cet appel à la sagesse intervient dans un contexte judiciaire délicat. Parallèlement aux échanges diplomatiques et spirituels, la justice marocaine traite actuellement le cas de 18 supporters sénégalais. Arrêtés suite aux troubles dans le stade, ces derniers ont comparu jeudi devant le Tribunal de première instance de Rabat pour des faits qualifiés de « hooliganisme » et de « violences ». L’audience a été renvoyée pour permettre à la défense, mandatée par la Fédération sénégalaise de football (FSF), de préparer le dossier. Sous la conduite du Roi Mohammed VI et du Président Bassirou Diomaye Faye, les autorités des deux pays œuvrent désormais pour que la fraternité prévale sur l’émotion du terrain.

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