L’étau financier se resserre autour de la République islamique. Sur instruction directe du président Donald Trump, le département américain du Trésor a officialisé, vendredi, une nouvelle série de mesures punitives visant l’appareil d’État iranien. Si les sanctions contre des responsables politiques sont courantes, cette annonce marque une rupture dans la stratégie de Washington, qui s’attaque désormais aux outils technologiques utilisés par Téhéran pour contourner le système bancaire international.
Le Bureau de contrôle des avoirs étrangers (OFAC) a ciblé pour la première fois des plateformes d’échange d’actifs numériques opérant au sein du secteur financier iranien. Selon les informations communiquées par Scott Bessent, secrétaire au Trésor, ces structures sont accusées d’avoir traité des volumes importants de fonds pour le compte de réseaux liés au Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI). Cette décision vise à neutraliser les tentatives du régime d’exploiter la cryptomonnaie pour financer ses opérations et dissimuler des capitaux.
Outre ce volet numérique, l’administration américaine a placé sur liste noire des figures centrales du pouvoir à Téhéran. Eskandar Momeni Kalagari, actuel ministre de l’Intérieur, est sanctionné pour sa responsabilité présumée dans la répression violente des manifestations et la mort de milliers de citoyens. Parallèlement, Babak Morteza Zanjani, investisseur influent déjà condamné par le passé pour détournement de fonds pétroliers, voit ses avoirs gelés. C’est précisément à Zanjani que sont reliées les deux plateformes d’échange incriminées.
Pour Washington, l’objectif est de couper les flux financiers qui alimentent les programmes nucléaires et balistiques iraniens. Scott Bessent a utilisé une image forte pour décrire la situation, comparant les manœuvres actuelles du régime à celles de « rats sur un navire en train de couler », transférant frénétiquement des fonds volés vers l’étranger. Selon Anadolu, le Trésor promet de maintenir cette pression sur les élites et les réseaux financiers qui tentent de s’enrichir au détriment de la population iranienne.