La tension monte d’un cran dans le Golfe. Alors que le déploiement naval américain s’intensifie dans la région, Washington durcit considérablement le ton sur le plan diplomatique. Au-delà des simples manœuvres militaires visibles, le président américain vient de poser une alternative binaire au régime de Téhéran, ne laissant que peu de place à l’ambiguïté quant aux conséquences d’un échec des négociations.
Dans un entretien accordé au média israélien Channel 12 et relayé par Al Jazeera, Donald Trump a explicitement menacé l’Iran d’une action d’envergure si ses exigences ne sont pas satisfaites. « Soit nous parvenons à un accord, soit nous devrons faire quelque chose de très dur », a déclaré le chef de l’État américain. Cette sortie intervient alors que les États-Unis cherchent à imposer un nouveau cadre limitant l’enrichissement d’uranium, les programmes de missiles balistiques et le soutien aux groupes armés régionaux.
Pour appuyer cette menace, le locataire de la Maison Blanche n’a pas hésité à établir un parallèle direct avec l’opération militaire menée au Venezuela. Il a souligné que l’armée américaine était « prête, disposée et capable » de remplir sa mission avec « rapidité et violence » si nécessaire, comparant la situation iranienne à celle ayant conduit à la destitution de Nicolas Maduro. Donald Trump espère néanmoins que Téhéran reviendra rapidement à la table des négociations pour conclure un accord qu’il qualifie de « juste et équitable ».
Sur le terrain, cette rhétorique s’accompagne d’un renforcement capacitaire notable. Le porte-avions USS Abraham Lincoln est déjà positionné dans les eaux voisines, et selon des informations rapportées par Axios, l’envoi d’un second porte-avions vers le Moyen-Orient est actuellement à l’étude. Des directives ont par ailleurs été émises à l’attention des navires commerciaux sous pavillon américain, leur recommandant de se tenir « aussi loin que possible » des eaux territoriales iraniennes.
Face à cette stratégie de « pression maximale » réactivée depuis le début du second mandat de Trump en janvier 2025, Téhéran tente de manœuvrer. Ali Larijani, responsable de la sécurité iranienne, a rencontré le sultan d’Oman, Haitham bin Tariq Al Said, pour discuter des résultats des échanges tenus la semaine dernière entre officiels américains et iraniens. Ce bras de fer diplomatique se déroule dans un contexte interne difficile pour l’Iran, marqué par une vague de manifestations antigouvernementales et une répression sévère dénoncée par les groupes de défense des droits humains.