Face à la presse, la réalisatrice a présenté « Rafet » comme une histoire profondément humaine et sensible. Le film raconte le parcours poignant d’une fillette de 12 ans, contrainte de dissimuler son visage derrière un masque en carton pour échapper aux moqueries. Rejetée à cause de son apparence, mais reconnue pour la beauté de son âme, la jeune Rafet entame un chemin intime vers l’acceptation de soi.
À travers ce récit, le film se veut une véritable ode aux fragilités humaines et aux identités souvent invisibilisées. Le visage marqué de l’héroïne devient ainsi le miroir d’une société encore trop marquée par le poids des normes sociales. « Rafet » met en lumière ces cicatrices invisibles que certains portent comme des empreintes de vie, tout en révélant la lumière qui peut naître lorsque l’on embrasse pleinement sa singularité.
Tourné dans le quartier traditionnel lébou de Ngor, le film s’inscrit également dans une volonté de valorisation des réalités locales et des histoires enracinées dans le quotidien sénégalais.
Après la projection, un panel s’est tenu autour du thème : « Cinéma et questions sociales : acceptation de soi et enjeux socio-culturels ». Cette rencontre a réuni plusieurs intervenants issus de divers horizons, notamment :
Soukeyna Diop, psychologue, docteure en psychologie clinique et en psychopathologie ;
Absa Maty Kane, fondatrice et directrice de projets sociaux et éducatifs ;
Sabine Samb, journaliste ;
Sellou Diallo, comédien et spécialiste de contes ;
ainsi que la réalisatrice Khadidiatou Sow.
Les échanges ont permis de mettre en perspective les enjeux soulevés par le film, notamment la question de l’acceptation de soi dans un contexte social souvent exigeant, ainsi que le rôle du cinéma comme levier de sensibilisation et de transformation des mentalités.
