Dans un contexte diplomatique marqué par des tensions récurrentes entre Alger et Paris, le président Abdelmadjid Tebboune a tenu à clarifier la position de son pays sur plusieurs dossiers brûlants. Lors d’une interview diffusée par la Télévision publique algérienne, le chef de l’État est revenu sur les relations économiques avec l’Union européenne et la gestion délicate des obligations de quitter le territoire français (OQTF), pointant du doigt les agissements d’un pays sans toujours le nommer directement.
Selon nos informations, basées sur un rapport d’Anadolu, le président algérien a dénoncé une forme d’hostilité voilée émanant de la France. Abdelmadjid Tebboune a évoqué l’existence d’une « campagne » menée contre l’Algérie, illustrée par des blocages au niveau des discussions avec l’Union européenne. Il a souligné qu’un consensus existait pour la renégociation de l’accord d’association, « moins un pays », insinuant que Paris serait à la manœuvre pour entraver le développement économique algérien, notamment sur l’exportation du rond à béton.
Pour appuyer son propos, le président a convoqué la mémoire historique, rappelant l’embargo français sur le vin algérien au lendemain de l’indépendance, qualifié de tentative de chantage économique. Il a toutefois tenu à distinguer les acteurs politiques, saluant le « courage » et l’« honnêteté intellectuelle » de Ségolène Royal, présidente de l’Association France-Algérie, récemment en visite à Alger.
Le point de friction le plus actuel concerne la gestion des flux migratoires. Alors que le débat sur les expulsions s’intensifie en France, Abdelmadjid Tebboune a opposé une fin de non-recevoir aux méthodes préconisées par certains responsables français, dont le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau. Le chef de l’État a fermement rejeté l’idée de retours groupés ou forcés sans examen préalable.
La position d’Alger repose sur un protocole précis : le respect des procédures individuelles. Le président a insisté sur le fait que l’Algérie ne validerait aucun retour qui ne respecterait pas la dignité et les droits de ses ressortissants. Pour qu’une expulsion soit acceptée, elle doit impérativement passer par une vérification consulaire au cas par cas. « L’Algérie doit être informée, le consul doit rendre visite à la personne frappée d’une OQTF… Si tout est en règle, il signe le laisser-passer », a-t-il détaillé, refusant que des citoyens algériens soient simplement « mis dans un avion » sans garantie juridique.