La Chine a annoncé son intention d’empêcher le rachat de la start-up d’intelligence artificielle Manus par le groupe américain Meta, dans un dossier qui intervient alors que Pékin renforce son contrôle sur les investissements étrangers dans les technologies de pointe. L’initiative a été rendue publique lundi par la Commission nationale du développement et de la réforme du pays.
D’après Al Jazeera, l’organisme chinois a indiqué qu’il interdisait l’acquisition étrangère de Manus, sans citer explicitement Meta dans sa déclaration. Cette position s’inscrit dans un contexte de vigilance accrue de Pékin face aux acquisitions américaines visant des talents et des propriétés intellectuelles chinoises dans le domaine de l’IA.
Meta, basé en Californie, avait annoncé en décembre l’acquisition de Manus. L’entreprise, enracinée en Chine mais installée à Singapour, développe des agents d’intelligence artificielle à usage général capables d’exécuter des tâches complexes avec une intervention humaine limitée. Le groupe américain estimait que cette opération devait lui permettre d’élargir ses offres d’IA sur ses différentes plateformes.
La Chine avait toutefois indiqué en janvier qu’elle examinerait la conformité de cette acquisition avec ses lois et règlements. Selon le communiqué cité, la demande d’annulation de l’accord a été formulée conformément au droit chinois. Les motifs juridiques précis avancés par Pékin n’ont pas été détaillés. Il n’a pas non plus été précisé comment une transaction déjà finalisée pourrait être annulée, le cas échéant.
Meta a réagi en affirmant que l’opération « respectait pleinement les lois applicables » et en disant s’attendre à « une résolution appropriée » de l’examen en cours. De son côté, un porte-parole de la Maison Blanche a déclaré que l’administration du président Donald Trump continuerait à défendre le secteur technologique américain contre toute « interférence étrangère indue ».
Publié par Al Jazeera, le dossier rappelle qu’après une levée de fonds de 75 millions de dollars menée en mai 2025 par la société américaine de capital-risque Benchmark, Manus a fermé ses bureaux en Chine, licencié des dizaines d’employés puis transféré ses opérations à Singapour. Cette réorganisation a permis à sa maison mère, Butterfly Effect, de se réincorporer à Singapour. L’annonce chinoise intervient par ailleurs quelques semaines avant un sommet prévu à la mi-mai à Pékin entre le président américain Donald Trump et le président chinois Xi Jinping.