Le déplacement du président colombien Gustavo Petro a connu un tournant critique lundi dernier. Alors qu’il survolait le département de Cordoba, au nord du pays, pour se rendre dans une zone sinistrée par les inondations, son appareil n’a jamais rejoint sa destination initiale. Le plan de vol a été brusquement modifié par les services de sécurité face à une menace jugée imminente visant l’intégrité physique du chef de l’État.
L’incident s’est produit alors que Gustavo Petro voyageait en compagnie de ses filles vers la côte caraïbe. Selon les informations communiquées mardi par le président lui-même et relayées par Al Jazeera, l’ordre de ne pas atterrir a été donné suite à la réception de renseignements faisant état d’un projet d’attaque armée. Des individus non identifiés se préparaient, selon ces rapports, à ouvrir le feu sur l’hélicoptère présidentiel au moment de son approche finale.
Face à ce péril, une procédure d’évitement a été immédiatement enclenchée. L’appareil a été contraint de se dérouter vers le large, survolant la mer pendant plusieurs heures avec l’appui tactique de la marine colombienne, avant de pouvoir se poser en sécurité sur un point de chute alternatif. Le président a par ailleurs noté un détail troublant confirmant l’anomalie de la situation : les balises lumineuses de la piste où il était censé atterrir n’avaient même pas été allumées.
Ce nouvel épisode s’inscrit dans un climat de tension permanente autour de la présidence colombienne. Gustavo Petro affirme être la cible prioritaire de cartels de la drogue depuis sa prise de fonction en août 2022. Il a indiqué que ces menaces, qu’il qualifie de tentatives d’élimination systématiques, se sont intensifiées depuis octobre dernier, le maintenant dans un état d’alerte constant.
Cette alerte de sécurité survient dans un contexte de recrudescence de la violence à l’approche des échéances électorales de mars et mai, auxquelles la constitution interdit à l’actuel président de se représenter. La tension est palpable sur le terrain politique : mardi, la sénatrice et militante des droits humains Aida Quilcue a été enlevée dans le département du Cauca par des hommes armés. Elle a été libérée peu après, suite aux avertissements fermes du gouvernement, mais cet événement souligne la fragilité sécuritaire qui touche actuellement près d’un tiers des municipalités du pays.