La bataille judiciaire entre la Fédération sénégalaise de football (FSF), la Confédération africaine de football (CAF) et la Fédération royale marocaine de football (FRMF) prend une nouvelle dimension. Le président de la FSF, Abdoulaye Fall, a justifié le recours devant le Tribunal arbitral du sport (TAS) par une volonté de défendre bien plus qu’un simple résultat sportif.
« Notre combat dépasse aujourd’hui le rectangle vert », a-t-il déclaré à Paris, en marge d’une conférence de presse du collectif d’avocats chargé du dossier. Selon lui, il s’agit avant tout de « défendre l’honneur de nos joueurs spoliés » et de « préserver l’intégrité du football africain », dans une affaire qu’il juge profondément injuste.
Le TAS a confirmé, mercredi, avoir enregistré l’appel introduit par la FSF contre la CAF et la FRMF. Au cœur du litige : la décision rendue le 17 mars 2026 par l’instance africaine, qui a déclaré le Sénégal perdant de la finale de la CAN 2025 par forfait (3-0) au profit du Maroc.
Une décision vivement contestée par la partie sénégalaise. Abdoulaye Fall n’a pas mâché ses mots, qualifiant cette sanction de « braquage administratif, le plus grossier et le plus inique de l’histoire de notre football ». Face à ce qu’il considère comme une injustice, il affirme que la FSF « refuse toute fatalité » et entend aller jusqu’au bout.
Au-delà de l’aspect sportif, le dirigeant évoque également une dimension humaine et diplomatique, appelant à la libération de 18 supporters sénégalais actuellement détenus au Maroc. Il dénonce une situation qu’il assimile à « un chantage diplomatique inacceptable ».
Pour mener cette bataille, la FSF s’est entourée d’un collectif d’avocats internationaux — Sénégalais, Français, Espagnols et Suisses — chargés de « rétablir la validité des faits » et d’obtenir l’annulation de la décision contestée. Abdoulaye Fall parle d’une « croisade morale et juridique », traduisant la détermination de l’instance à défendre les intérêts du football sénégalais sur la scène internationale.
Dans l’attente des prochaines étapes de la procédure devant le TAS, le Sénégal affiche ainsi sa volonté de faire reconnaître ses droits, au nom de ses joueurs, de ses supporters et des principes qu’il estime fondamentaux pour le football africain.