Depuis le mois d’octobre 2025, les secteurs de Pikine, Dalifort et Bel-Air faisaient face à une recrudescence d’attaques nocturnes ciblant spécifiquement les entreprises et commerces. Face à cette situation, la Sûreté urbaine, en collaboration avec les commissariats locaux, a mené une opération d’envergure qui a permis de mettre un terme aux agissements d’une bande particulièrement organisée. Le commissaire Ismaila Goudiaby a présenté, ce vendredi, les résultats de cette enquête qui met en lumière un mode opératoire rigoureux.
Le bilan présenté par les services de police fait état de préjudices financiers et matériels considérables. Selon les éléments rapportés par Sud Quotidien, plusieurs structures économiques ont été visitées par ces groupes armés. À Dalifort, la société « Des Banches » a enregistré la perte d’ordinateurs portables pour une valeur estimée à 24 millions de francs CFA le 31 octobre dernier. D’autres entités, comme le garage moderne Ibrahima Bay ou le centre de santé Dar es Salaam, ont également été dépouillées.
La série noire s’est poursuivie en janvier 2026 avec le cambriolage d’une usine de pêche, où un coffre-fort contenant 15 millions de francs CFA et des devises étrangères a été emporté. Dans la zone industrielle de Bel-Air, des entreprises telles que Bamba Tall, UNIPARCO et Africa Ship Sénégal ont subi le même sort, perdant des dizaines de millions en espèces et équipements divers.
Les investigations menées conjointement par la Sûreté urbaine, la Division des investigations criminelles (DIC) et les commissariats d’arrondissement ont permis de décrypter la méthode du gang. Opérant généralement entre 3 heures et 5 heures du matin, les malfaiteurs agissaient en groupe de dix à quinze individus, armés de machettes et d’outils d’effraction. Leur stratégie reposait sur la neutralisation systématique des vigiles, qui étaient ligotés et privés de leurs moyens de communication avant la fouille des locaux.
Cependant, c’est l’organisation logistique du groupe qui a particulièrement retenu l’attention des enquêteurs. Le réseau fonctionnait avec un « annonceur » chargé du repérage en amont. Pour brouiller les pistes scientifiques, le groupe s’imposait une règle stricte : l’achat de matériel neuf (pieds-de-biche, cisailles) au marché de Colobane avant chaque opération, grâce à une cotisation des membres. Ces outils étaient ensuite abandonnés sur place ou à proximité après le forfait, rendant le traçage plus complexe pour la police technique.
Ce travail de recoupement a abouti à l’interpellation de plusieurs suspects clés, dont Amadou Saliou Diallo, surnommé « Rasta », ainsi qu’Amadou Aliou Barry, Amadou Faye, Abdoulaye Baldé et Alpha Omar Ba. Le commissaire Goudiaby a salué la synergie entre les différentes unités de police qui a permis ce résultat, tout en appelant à une vigilance accrue et à la collaboration continue des populations pour sécuriser ces zones économiques vitales.
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