La diplomatie française pose un nouveau jalon dans le Grand Nord. Ce vendredi marque l’ouverture officielle d’un consulat de France à Nuuk, au Groenland. Si la présence démographique française sur ce territoire autonome est anecdotique, la feuille de route confiée au nouveau consul général, Jean-Noël Poirier, révèle des ambitions qui dépassent largement le simple cadre administratif.
Selon les informations rapportées par Anadolu, l’arrivée de ce diplomate répond à une volonté affichée d’écoute et de coopération, mais s’inscrit également dans une logique d’intérêts géopolitiques précis.
**Une mission diplomatique pour huit résidents**
Le chiffre peut surprendre : le territoire ne compte officiellement que huit ressortissants français recensés. Pourtant, Paris a fait le choix d’y dépêcher un consul général. Sur les ondes de France Inter, Jean-Noël Poirier a précisé la nature de son mandat. Il affirme arriver avec l’objectif clair d’écouter « ce que les Groenlandais ont à dire sur l’avenir de leur pays ».
Cette présence institutionnelle vise à soutenir les intérêts français bien au-delà de la délivrance de passeports. Le diplomate aura la charge de renforcer la coopération économique et scientifique. Les secteurs ciblés incluent les entreprises de tourisme ainsi que les chercheurs, notamment ceux de l’université locale et du Centre de recherche scientifique.
**La cartographie minière en ligne de mire**
Outre la coopération académique, un volet plus stratégique figure dans les attributions du nouveau consul. Il devra travailler sur la coopération bilatérale concernant la cartographie des capacités minières du sous-sol groenlandais. Une mission technique qui intervient dans un contexte où les ressources de l’Arctique suscitent des convoitises internationales.
Le consul général a d’ailleurs tenu à rappeler le cadre politique fixé par le président Emmanuel Macron, réitérant que « le Groenland n’est ni à vendre, ni à prendre ». Cette déclaration fait écho aux pressions internationales qui pèsent régulièrement sur ce territoire riche en ressources naturelles.
**Une installation en cours de structuration**
Sur le plan logistique, tout reste à faire pour Jean-Noël Poirier. Le diplomate, qui n’a pas encore d’équipe constituée, doit dans un premier temps trouver des locaux pour abriter la chancellerie. Son agenda prévoit une rencontre dès ce vendredi soir avec le Premier ministre groenlandais ainsi qu’avec la restreinte communauté française.
Cette ouverture précède une visite officielle du ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, dont la date reste à fixer.