Les relations diplomatiques entre les États-Unis et leurs partenaires historiques traversent une nouvelle zone de turbulence suite à une intervention médiatique de Donald Trump. Alors que le dirigeant américain a publiquement remis en cause l’implication réelle des forces alliées sur le théâtre afghan, la réponse officielle de Canberra, formulée ce dimanche, s’appuie sur des données chiffrées lourdes de sens pour contredire cette version des faits.
La réaction est venue du sommet de l’État australien. Lors d’un entretien télévisé diffusé dimanche, le Premier ministre Anthony Albanese a qualifié d’« inacceptables » les propos tenus par Donald Trump concernant la participation des troupes de l’OTAN et des partenaires internationaux en Afghanistan. Cette sortie diplomatique fait suite aux déclarations de Donald Trump sur la chaîne Fox News, où il affirmait que les alliés avaient envoyé « quelques troupes » mais qu’elles étaient restées « un peu en retrait, un peu en dehors des lignes de front ».
Le bilan humain opposé aux critiques
Pour contrer l’affirmation selon laquelle les alliés n’auraient pas pris leur part de risques, le chef du gouvernement australien a mis en avant la réalité du terrain. Selon les données relayées par l’agence Anadolu, Anthony Albanese a rappelé que 47 soldats australiens ont perdu la vie en Afghanistan et que plus de 260 autres ont été blessés durant le conflit. « Ces 47 familles australiennes qui seront blessées par ces commentaires méritent notre respect absolu », a insisté le Premier ministre.
Au total, ce sont plus de 39 000 soldats australiens qui ont été déployés dans le pays sur une période de vingt ans, jusqu’au retrait des forces en 2021. Anthony Albanese a tenu à souligner que ces troupes « étaient bel et bien en première ligne afin de défendre, aux côtés de nos autres alliés, la démocratie et la liberté ».
Une alliance sous tension
L’irritation dépasse le seul cadre de Canberra. Les propos de Donald Trump, suggérant que Washington n’avait « jamais eu besoin » de ses alliés et que la relation devait être « à double sens », ont provoqué des remous dans plusieurs capitales, notamment en Pologne, en Norvège, au Danemark, en Italie et au Royaume-Uni. Il convient de rappeler que l’intervention en Afghanistan faisait suite aux attentats du 11 septembre 2001, unique occasion dans l’histoire où l’OTAN a invoqué l’article 5 de son traité, considérant une attaque contre un membre comme une attaque contre tous.
Face au tollé, Donald Trump a tenté une opération de rattrapage samedi via sa plateforme Truth Social, saluant spécifiquement les troupes britanniques. Anthony Albanese a noté cette nouvelle déclaration dans laquelle le président américain « a reconnu la contribution des troupes », tout en maintenant sa condamnation des propos initiaux.