Au nord-est de la Syrie, la manœuvre de désengagement des troupes régulières qui scelle le pacte avec les FDS

Le paysage sécuritaire dans le nord-est de la Syrie connaît une mutation significative depuis ce mardi. Le commandement des opérations de l’armée syrienne a acté un changement de dispositif majeur aux abords de la ville d’Hassaké, marquant une nouvelle étape dans les relations entre Damas et les forces kurdes.

Ce mouvement de troupes, loin d’être un repli improvisé, répond à une logique de coordination précise. Selon les informations relayées par l’agence Anadolu, les unités de l’armée régulière ont entamé leur retrait des zones périphériques d’Hassaké pour céder le terrain aux forces de sécurité intérieure. Cette manœuvre s’inscrit dans le cadre de l’application stricte d’un accord conclu entre l’État syrien et le groupe YPG/FDS.

**Une transition sécuritaire concertée**

Le commandement militaire a précisé, via l’agence de presse officielle SANA, que ce redéploiement vise à normaliser la situation dans cette région stratégique. Alors que l’armée libère ces positions, les forces de sécurité intérieure s’y installent immédiatement pour assurer la continuité du contrôle territorial. Les autorités militaires soulignent que les Forces Démocratiques Syriennes (FDS) respectent les termes de l’entente et ont adopté des « mesures positives » pour faciliter cette transition.

Cette dynamique de rapprochement n’est pas isolée. Elle fait écho à l’entrée des forces de sécurité syriennes dans la ville de Qamichli, mardi dernier, en vertu d’un « accord global » qui inclut un cessez-le-feu et un plan d’intégration progressive. L’objectif affiché par Damas est de mettre un terme à la partition de fait du pays et de jeter les bases d’une réunification nationale complète.

**Le volet politique de l’intégration**

Au-delà des mouvements militaires, ce processus est soutenu par des décisions politiques au plus haut sommet de l’État. Le 16 janvier dernier, le président Ahmed al-Charaa a promulgué un décret reconnaissant officiellement les Kurdes syriens comme une partie intégrante du peuple. Ce texte consacre leur identité culturelle et linguistique comme un élément fondamental de l’identité nationale unifiée.

Il convient de rappeler que cette phase de stabilisation succède à une période de tensions. L’armée syrienne avait lancé une opération le 16 janvier à l’ouest de l’Euphrate, s’étendant ensuite vers l’est avec l’appui de forces tribales. Cette offensive avait permis au gouvernement de reprendre le contrôle de vastes territoires, créant ainsi les conditions de la négociation actuelle qui voit désormais les armes se taire au profit d’une réorganisation administrative et sécuritaire.

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