Au-delà du deuil d’Abdoulaye Ba, une universitaire identifie le « poison social » qui alimente l’impunité et paralyse les secours

La disparition tragique d’Abdoulaye Ba, étudiant de 20 ans dont l’avenir a été brisé lors des récents événements à l’université, continue de susciter de vives réactions au sein de la communauté académique. Alors que les autorités multiplient les annonces d’enquêtes, une voix s’élève pour refuser la fatalité et la théâtralisation habituelle des crises. Dans une tribune publiée par Sud Quotidien, Fatoumata Bernadette Sonko, enseignante-chercheure, dépasse le simple constat du deuil pour interroger les mécanismes profonds qui permettent à la violence de perdurer.

Pour l’universitaire, la gestion de ce drame ressemble à une « pièce pathétique » maintes fois jouée, où l’on s’empresse de désigner un bouc émissaire pour clore le chapitre. Elle décrit des étudiants tétanisés par la peur et la douleur, évoluant dans un système où la violence est devenue un moyen d’expression légitimé par l’absence de sanctions. Selon son analyse, ce n’est pas la modicité des bourses qui explique ces dérives, mais bien « la garantie d’une impunité » dont jouissent les auteurs. Cette assurance de ne pas répondre de leurs actes nourrit un sentiment de légitimité chez les agresseurs, transformant l’espace universitaire en zone de non-droit.

Mais le diagnostic posé par l’enseignante va au-delà des murs du campus. Elle relie cette violence institutionnelle à un « poison social » plus insidieux : l’indifférence collective. Pour illustrer cette déshumanisation, elle rapporte une scène dont elle a été témoin vendredi dernier sur la Corniche, à proximité de l’AUF. Une dame âgée a chuté dans le canal, restant une heure sans secours officiel. Ni le Samu ni les pompiers ne sont intervenus, et les ambulances des cliniques contactées étaient étrangement toutes signalées « en panne ».

Le dénouement de cet incident de la route souligne, selon l’auteure, la fracture sociale qui traverse le pays. C’est finalement un véhicule de la gendarmerie, revenant du Palais présidentiel, qui a permis l’évacuation de la victime, là où les automobilistes passaient sans s’arrêter. La prise en charge médicale s’est avérée tout aussi expéditive : la dame a été renvoyée avec un simple montant pour son transport vers l’hôpital psychiatrique de Fann, au motif que ses besoins ne relevaient pas de la compétence de la clinique d’accueil. Pour Fatoumata Bernadette Sonko, ces deux événements — la mort d’un étudiant et l’abandon d’une citoyenne en détresse — sont les symptômes d’une même société qui « se dévore elle-même », où l’empathie cède le pas à une froideur mécanique.

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Un commentaire

  1. Bien dit Madame.
    Au moins une citoyenne qui ose dire la verite .Notre universite est prise en otage par des etudiants voyous pour l exploiter a des fins politiques avec un esprit mercantile.ils(ces voyous)croient avoir un passe droit pour faire n importe quoi tout en sachant qu aucune action judiciaire ne sera menee contre eux en plus d etre portes en triomphe par des politiciens residus du systeme.
    L ecrasante majorite des etudiants serieux doivent eux aussi assumer leur responsabilite en protegeant leur outil principal (le cadre universitaire).ils doivent creer un amical pour se demarquer de ces etudiants voyous qui sement la mort et la desolation partout.Par exemple une association denommee(A V E C) amical des vrais etudiants dans le campus et comme devise «  » L ESPRIT ETUDIANT » » ».Ce mouvement sera l incarnation des valeurs du sens de la responsabilite de la non violence et de la forte personnalite pour ne pas dire se mettre dans la peau d un futur chef..
    Nous terminons pour s incliner decant la memoire du disparu.C est cruel c est douloureux.Cet enfant a souffert avant de rendre l ame.Que Dieu puisse la reincarner comme prince dans son royaume des elus.
    AMEN
    CHERS VRAIS ETUDIANTS A VOUS EE JOUER pour que notre pays ne puisse plus connaitre ces tragedies.

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