C’est une étape symbolique qui vient d’être franchie dans le département de Kanel, où la commune de Thiemping a marqué un demi-siècle d’initiatives locales. Si les festivités ont permis de célébrer les réalisations passées, l’événement a surtout servi de tribune aux autorités territoriales pour définir une nouvelle doctrine en matière de coopération décentralisée face aux mutations mondiales.
Située à une quinzaine de kilomètres de Matam, dans l’arrondissement de Ouro Sidi, la localité a vibré au rythme des célébrations marquant le cinquantenaire de l’Association pour le développement de Thiemping (ADT). Cette structure, portée historiquement par la diaspora, a transformé le visage du village grâce à des investissements massifs dans les secteurs vitaux.
Un bilan matériel conséquent
Selon les éléments rapportés par nos confrères de Sud Quotidien, l’impact de ces cinquante années d’activisme associatif est physiquement mesurable. Alassane Thiam, président de l’ADT France, a dressé un inventaire des infrastructures financées grâce à l’apport des émigrés et de partenaires tels qu’Ambulatorios et l’Association d’Aide pour le Développement de l’Afrique (ADA).
Le village dispose désormais d’une infirmerie, d’une maternité, d’un forage, ainsi que d’établissements scolaires allant de l’école élémentaire au collège. Au-delà du béton, l’association a investi dans l’économie locale via des périmètres maraîchers, la pisciculture et un centre de formation professionnelle. Des réalisations saluées par le sous-préfet de l’arrondissement comme une véritable « plus-value » pour le développement local.
Vers la fin de la logique de « projets »
Toutefois, cette célébration a été l’occasion pour Abdoulaye Hanne, président du Conseil départemental de Kanel, d’interpeller les acteurs sur la nécessité d’une rupture stratégique. Dans un contexte international marqué par ce qu’il qualifie de « fatigue de l’aide » et d’instabilité, la simple construction d’édifices ne suffit plus.
Pour l’autorité départementale, la coopération de demain doit impérativement dépasser l’aspect infrastructurel pour intégrer des enjeux plus complexes : la durabilité, la gouvernance locale et l’autonomisation économique. « Notre manière de faire devient désormais plus importante », a-t-il précisé, plaidant pour le passage d’une logique de projets ponctuels à la mise en place de « systèmes durables ».
Cette nouvelle feuille de route, proposée pour les cinquante prochaines années, met l’accent sur l’investissement dans le capital humain et la création de valeur locale, afin de répondre aux attentes d’une jeunesse dont les exigences ont évolué.