Les pourparlers organisés sous l’égide des États-Unis à Abou Dhabi se sont achevés ce samedi sans percée majeure, mais sans rupture définitive du dialogue. Alors que les émissaires de Kiev et de Moscou tentaient de définir les contours d’un cessez-le-feu, la réalité du terrain a brutalement rappelé l’intensité du conflit, marqué par des frappes massives sur les infrastructures énergétiques ukrainiennes.
Une session diplomatique sous haute tension s’est tenue aux Émirats arabes unis, réunissant des figures clés des deux camps. La délégation ukrainienne, menée par le ministre de la Défense Rustem Umerov et le chef du renseignement militaire Kyrylo Budanov, a fait face aux représentants militaires russes. Côté américain, les envoyés Steve Witkoff et Jared Kushner ont encadré ces échanges qualifiés de « constructifs et positifs » par le gouvernement émirati, malgré l’absence d’accord signé.
Selon les informations relayées par Al Jazeera, les discussions ont achoppé sur des exigences territoriales jugées maximalistes par Kiev. Le Kremlin, par la voix de son porte-parole Dmitry Peskov, maintient sa demande de retrait total des forces ukrainiennes du Donbas. Moscou exige notamment la reddition des 20 % de la région de Donetsk encore sous contrôle ukrainien, une condition préalable rejetée par les versions révisées du plan de paix américain.
Simultanément à ces tractations, l’offensive russe s’est intensifiée. Le vice-Premier ministre ukrainien Oleksii Kuleba a rapporté que des attaques ciblées sur le réseau électrique ont privé 1,2 million de personnes de courant, alors que les températures sont négatives. À Kiev et Kharkiv, des frappes de drones ont fait plusieurs victimes et blessés, illustrant le décalage entre la table des négociations et le front.
C’est dans ce contexte que le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andrii Sybiha, a vivement réagi à une initiative parallèle de la Maison Blanche. Il est apparu que l’administration de Donald Trump a transmis une invitation formelle à Vladimir Poutine pour rejoindre un « Conseil de la Paix » (Board of Peace). Cette structure, envisagée par Washington, aurait pour vocation de superviser la résolution des conflits mondiaux ainsi que la gouvernance et la reconstruction à Gaza.
Pour la diplomatie ukrainienne, ces frappes simultanées aux négociations disqualifient le président russe pour un tel rôle international. Les deux parties ont néanmoins laissé la porte ouverte à une reprise des discussions, qui pourraient se tenir dès la semaine prochaine.