Au-delà de la promesse d’une visite officielle, la mise au point ferme de Lula concernant l’initiative de Donald Trump pour Gaza

Un échange téléphonique de près d’une heure a permis aux dirigeants brésilien et américain de fixer le cadre de leur prochaine rencontre, tout en abordant sans détour les sujets qui fâchent. Si la volonté de dialogue est affichée, Brasilia a tenu à poser des balises claires concernant les ambitions multilatérales de Washington.

C’est une conversation qui aura duré cinquante minutes, suffisante pour balayer les crises majeures du moment et planifier l’agenda diplomatique bilatéral. Le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva et son homologue américain Donald Trump ont convenu, ce lundi, de se retrouver prochainement à Washington. Selon nos informations, cette visite officielle devrait intervenir après les déplacements prévus du dirigeant brésilien en Inde et en Corée du Sud au mois de février.

Au-delà du calendrier, cet entretien rapporté par Al Jazeera a surtout permis de clarifier les positions sur deux dossiers brûlants : la situation au Venezuela et la nouvelle architecture diplomatique proposée par les États-Unis pour le Moyen-Orient.

Une ligne rouge rappelée sur le dossier vénézuélien

Les relations entre les deux puissances continentales, bien que réchauffées depuis une première rencontre en octobre, restent marquées par des divergences de fond. Lula a profité de cet appel pour réitérer sa désapprobation concernant les récentes actions américaines au Venezuela. Le président brésilien a qualifié l’opération ayant conduit à la déposition et au transfert du président Nicolas Maduro vers New York de franchissement d’une « ligne inacceptable ».

Tout en insistant sur la nécessité de préserver « la paix et la stabilité dans la région », Lula a mis l’accent sur le bien-être de la population vénézuélienne, marquant ainsi sa distance avec la méthode forte employée par l’administration Trump contre le dirigeant socialiste, désormais accusé de trafic de drogue par la justice américaine.

Des conditions strictes pour le « Conseil de la Paix »

L’autre point nodal des discussions a porté sur l’initiative phare de Donald Trump : la création d’un « Conseil de la Paix ». Si l’objectif affiché est de superviser la reconstruction de Gaza après le cessez-le-feu d’octobre, la portée réelle de ce projet inquiète plusieurs capitales, dont Brasilia, Paris et Londres, qui craignent de voir émerger une structure concurrente aux Nations Unies.

Face à cette proposition, Lula a formulé une contre-proposition précise. Il a demandé que ce conseil soit strictement « limité à la question de Gaza » et qu’il intègre obligatoirement « un siège pour la Palestine ». Cette exigence vise à empêcher que l’initiative ne s’arroge un rôle global qui affaiblirait l’ONU, une institution dont le président brésilien appelle par ailleurs à une réforme profonde, notamment via l’élargissement du Conseil de sécurité.

Pour l’heure, la présidence brésilienne n’a pas précisé si Lula avait formellement accepté de rejoindre cette initiative américaine, laissant planer le doute en attendant de voir si ses conditions seront prises en compte.

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