Au cœur du réseau de Saly, la fonction spécifique des « formateurs » recrutés par le ressortissant français Pierre Robert

L’arrestation d’un ressortissant français à Beauvais, en avril dernier, a permis aux enquêteurs de mettre au jour une organisation criminelle dont les ramifications s’étendent jusqu’à la Petite-Côte sénégalaise. Au-delà de l’interpellation du principal suspect, les investigations révèlent l’existence d’un système d’exploitation de mineurs établi sur la durée, impliquant une logistique financière transnationale et des relais locaux aux rôles définis.

Le dossier, qui couvre une période allant de 2015 à 2025, met en cause Pierre Robert. Ce dernier est soupçonné d’avoir orchestré un vaste réseau de pédocriminalité et de traite d’êtres humains depuis une villa située à Saly. Selon les éléments de l’enquête relayés par notre confrère Kawtef, l’organisation ne reposait pas uniquement sur l’action isolée du ressortissant français, mais sur une structuration hiérarchisée impliquant plusieurs complices sur le territoire sénégalais.

Les investigations ont permis d’identifier deux figures clés dans ce dispositif : A. Lô, présentée comme la compagne du mis en cause, et B. Diallo, désigné comme le recruteur en chef. La particularité de ce réseau résidait dans l’utilisation de complices qualifiés de « formateurs sexuels ». Ces intermédiaires locaux avaient pour mission de conditionner les victimes, des mineurs âgés de 3 à 15 ans, avant leur mise en relation avec le ressortissant français et ses invités.

Les perquisitions ont abouti à la saisie de supports numériques contenant des images et vidéos documentant les abus subis par les enfants. Les témoignages recueillis auprès des victimes décrivent un mode opératoire rodé, prenant place dans la villa de Saly, transformée en lieu de rencontres pour le réseau.

Le fonctionnement de cette entreprise criminelle était soutenu par des flux financiers réguliers. L’enquête a mis en évidence des transferts d’argent via Western Union, destinés à couvrir les frais courants tels que les loyers, l’achat de cadeaux pour les victimes, ainsi que la rémunération des différents intermédiaires et « formateurs ». Les autorités judiciaires poursuivent actuellement l’analyse des éléments saisis pour établir l’étendue exacte des complicités.

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