Assemblée nationale française : L’écart de voix précis qui a permis au gouvernement Lecornu d’éviter la chute

Le gouvernement français dirigé par Sébastien Lecornu reste en place, mais l’arithmétique parlementaire ne lui a laissé que peu de marge. Vendredi, l’Assemblée nationale a statué sur les deux motions de censure déposées à la suite du recours à l’article 49.3 pour l’adoption du volet recettes du budget 2026. Si l’exécutif sauve sa tête, le scrutin met en lumière la fragilité de sa majorité relative face à une opposition mobilisée.

La menace la plus sérieuse provenait de la motion portée par les groupes de gauche, incluant La France insoumise, les écologistes et les communistes, mais sans le Parti socialiste. Selon les résultats officiels relayés par l’agence Anadolu, ce texte a recueilli 269 voix favorables. La majorité absolue nécessaire pour renverser le gouvernement étant fixée à 288 voix, il n’a manqué que 19 suffrages pour entraîner la chute du Premier ministre et le rejet du budget.

La seconde motion, initiée par le Rassemblement national et ses alliés de l’Union des droites pour la République, a connu un sort différent. Elle n’a rassemblé que 142 députés, restant très loin du seuil fatidique avec un déficit de 146 voix. Le mécanisme du 49.3, qui considère un texte comme adopté sauf si une motion de censure est votée, permet donc la validation automatique de la première partie du projet de loi de finances pour 2026.

Ce recours à l’arme constitutionnelle, activé lundi 20 janvier, marquait une rupture avec la promesse faite le 3 octobre dernier par Sébastien Lecornu de ne pas utiliser cet outil. Face à l’impossibilité de dégager une majorité par le vote classique, l’exécutif a choisi de forcer le passage. Dans ce type de scrutin, seuls les votes « pour » la censure sont comptabilisés ; l’abstention profite de facto au gouvernement.

L’épreuve de force n’est pas terminée pour l’exécutif français. Le gouvernement prévoit désormais d’engager sa responsabilité sur la seconde partie du budget, consacrée aux dépenses publiques. Cette étape devrait logiquement entraîner le dépôt de nouvelles motions de censure en début de semaine prochaine. Le texte poursuivra ensuite son parcours législatif au Sénat, avant de revenir à l’Assemblée où un troisième recours au 49.3 pour l’adoption finale du budget reste une option probable.

Le positionnement du Parti socialiste a joué un rôle déterminant dans l’issue du vote de vendredi. Le groupe avait annoncé dès mardi son refus de voter la censure, estimant que le 49.3 constituait « la moins mauvaise des solutions » pour éviter un blocage institutionnel, tout en soulignant l’obtention de certaines concessions.

Votre avis sera publié et visible par des milliers de lecteurs. Veuillez l’exprimer dans un langage respectueux.

Laisser un commentaire