La liste des décès survenus au sein des établissements pénitentiaires israéliens continue de s’allonger, suscitant de vives réactions de la part des organisations de défense des droits humains. Plus d’un an après une opération militaire menée dans un centre hospitalier de la bande de Gaza, le sort d’un professionnel de santé capturé sur les lieux vient d’être scellé tragiquement dans le sud d’Israël.
Selon les informations communiquées par l’Autorité palestinienne des affaires civiles et relayées par Anadolu, Hatem Ismail Rayan est décédé alors qu’il était incarcéré à la prison du Néguev. Âgé de 59 ans, cet ambulancier avait été interpellé le 27 décembre 2024 au sein de l’hôpital Kamal Adwan, situé dans le nord de l’enclave palestinienne. Sa disparition a été confirmée conjointement par la Société des prisonniers palestiniens et la Commission palestinienne des affaires des détenus.
Les circonstances entourant cette détention révèlent un drame familial plus large, puisque le fils du défunt, Moaz, blessé lors de l’intervention israélienne, demeure à ce jour privé de liberté. Ce décès porte à 87 le nombre de détenus palestiniens identifiés morts en détention depuis le début de l’offensive sur Gaza en octobre 2023. Les organisations de défense des prisonniers soulignent toutefois que ce bilan pourrait être sous-estimé, évoquant plus de 100 disparitions et des cas d’exécutions sommaires présumées.
Les conditions de vie carcérales font l’objet de lourdes accusations de la part des ONG palestiniennes. Ces dernières pointent du doigt des pratiques incluant la torture, la privation de nourriture, des abus sexuels ainsi que le refus systématique d’accorder des droits fondamentaux aux prisonniers. À ce jour, les corps de 95 détenus décédés, dont 84 depuis le début du conflit, seraient toujours retenus par les autorités israéliennes.
Ce décès intervient dans un contexte post-conflit fragile. Un accord de cessez-le-feu, entré en vigueur le 10 octobre dernier, a mis un terme à deux années d’affrontements ayant causé, selon les autorités sanitaires locales, plus de 72 000 morts et laissé des infrastructures civiles dévastées à 90 %. Malgré l’arrêt officiel des hostilités, le ministère de la Santé de Gaza rapporte que des attaques sporadiques ont fait près de 600 morts supplémentaires depuis la signature de l’accord.