« Armes de destruction massive » : le montage financier de l’État qui provoque la riposte du groupe Takku Wallu

L’opposition parlementaire monte au créneau face aux récentes décisions économiques des autorités. Lors d’une conférence de presse tenue ce lundi 30 mars, le groupe Takku Wallu a vivement critiqué une opération de levée de fonds initiée par le gouvernement sénégalais, alertant sur des conséquences potentiellement lourdes pour les finances publiques.

Selon les informations relayées par le journal Sud Quotidien, la sortie de la députée Aïssata Tall Sall et de ses collègues fait suite aux révélations du Financial Times. Au cœur de leurs préoccupations se trouve le recours de l’État aux Total Return Swaps (TRS). Ce mécanisme financier complexe consiste à échanger les revenus futurs de titres ou obligations avec des partenaires internationaux, en l’occurrence la First Abu Dhabi Bank et l’Africa Finance Corporation. L’objectif pour le gouvernement est d’obtenir des liquidités immédiates.

Cependant, cette opération s’accompagnerait d’une décote estimée entre 30 et 40 % par le groupe parlementaire. « Le Sénégal perd une part importante de ses revenus pour accéder à du cash rapide », a souligné Aïssata Tall Sall. La parlementaire a détaillé le double risque inhérent à ce montage : les partenaires financiers capteraient les gains potentiels en cas de hausse de la valeur des obligations, tandis que l’État sénégalais devrait assumer seul les pertes en cas de baisse. S’y ajoute la menace d’un remboursement anticipé total en cas de défaut. Pour illustrer la dimension de ces instruments, la députée a rappelé que l’investisseur américain Warren Buffett les qualifie d’« armes de destruction massive financières ».

L’aspect procédural de l’opération a également été pointé du doigt. Le groupe Takku Wallu dénonce une absence d’information préalable, affirmant que l’Assemblée nationale n’a été mise au courant qu’a posteriori, contrairement aux assurances du ministre des Finances. De plus, les partenaires techniques et financiers traditionnels, tels que le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale, n’auraient pas été informés de ce mécanisme, un élément susceptible de peser sur les négociations en cours avec ces institutions.

Un autre point soulevé concerne la nature des garanties fournies par l’État pour sécuriser ces liquidités. Aïssata Tall Sall a évoqué des soupçons quant à un éventuel adossement de cette opération sur les ressources pétrolières du pays. Une telle démarche entrerait en contradiction directe avec la législation encadrant la gestion des hydrocarbures, adoptée en 2022 sous le mandat de Macky Sall.

Face à ces zones d’ombre, le groupe parlementaire a annoncé le dépôt imminent d’une demande de commission d’enquête. L’objectif de cette procédure est d’obtenir des explications exhaustives et documentées du gouvernement sur les tenants et aboutissants de cette transaction.

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Un commentaire

  1. Vraiment vous nous emmerdez avec cette façon de s’opposer, vous nous avez laissé une dette immense avec un ter de 38 km à 1275 milliards, des surfacturations sur tous les grands chantiers. Vous êtiez là il y a deux ans nous ne sommes pas amnésiques.

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