La situation sécuritaire dans le nord-est de la Syrie connaît un nouveau pic de tension autour de la gestion des centres de détention abritant des combattants de l’État islamique. Alors que la question du contrôle de ces infrastructures sensibles oppose depuis longtemps Damas aux forces kurdes, le ministère syrien de l’Intérieur vient de formuler des griefs particulièrement lourds concernant la gestion d’un établissement pénitentiaire situé dans la province de Hassaké.
Au cœur de cette nouvelle crise se trouve la prison de la ville de Chaddadi. Selon nos informations, basées sur des rapports de l’agence Anadolu, l’armée syrienne avait initié une démarche de médiation pour récupérer le contrôle de ce centre de détention. L’objectif affiché par Damas était de transférer la gestion et la sécurité des lieux sous l’autorité de l’État, conformément aux standards internationaux, afin de sécuriser les membres de Daech qui y sont incarcérés.
**Une libération de prisonniers dénoncée par Damas**
Cette tentative de transfert d’autorité s’est soldée par une fin de non-recevoir. Les Forces démocratiques syriennes (FDS), désignées par le ministère comme l’organisation YPG/FDS, auraient rejeté l’option proposée par les médiateurs. C’est à la suite de ce refus que l’incident majeur dénoncé par les autorités syriennes se serait produit : l’organisation est accusée d’avoir procédé à la libération de terroristes de Daech depuis cet établissement.
Dans un communiqué officiel relayé par Anadolu, le ministère de l’Intérieur a tenu à clarifier les responsabilités : « Le ministère de l’Intérieur tient les Forces démocratiques syriennes (FDS) entièrement responsables de toute violation de sécurité, notamment l’évasion ou la libération de membres de Daech depuis les prisons placées sous leur contrôle. »
**Des accusations d’instrumentalisation politique**
Au-delà de l’acte de libération présumé, Damas pointe du doigt une stratégie de communication jugée fallacieuse. Les autorités syriennes estiment que la question des détenus djihadistes fait l’objet d’une présentation « trompeuse » dans les médias par les FDS, suggérant une instrumentalisation de la menace terroriste à des fins politiques.
Pour le gouvernement syrien, ces agissements constituent une « grave atteinte à la sécurité », menaçant non seulement la stabilité nationale, mais également la sécurité régionale. Le ministère a réaffirmé que la priorité absolue demeurait la préservation de la paix sociale et la prévention de tout retour du terrorisme, se déclarant « pleinement prêt » à assumer la charge des prisons de la province.