Dans le nord-est de la Syrie, la situation sécuritaire s’est brusquement détériorée à Al-Shaddadi. Alors que des affrontements opposaient l’armée syrienne aux Forces démocratiques syriennes (FDS), les autorités ont dû imposer un couvre-feu strict en urgence. Cette mesure d’exception fait suite à un événement critique survenu au cœur du dispositif pénitentiaire de la ville, ravivant les inquiétudes sur la stabilité de la région.
Selon les informations rapportées par Al Jazeera, plusieurs combattants de l’État islamique (EI) sont parvenus à s’échapper de la prison d’al-Aqtan profitant du chaos ambiant. L’armée syrienne, citée par l’agence d’État SANA, a confirmé avoir repris le contrôle total de la ville et du centre de détention. Des opérations de ratissage sont actuellement en cours dans Al-Shaddadi et ses environs pour tenter de localiser les fugitifs. À ce stade, le nombre exact de détenus ayant réussi à prendre la fuite n’a pas été communiqué par les autorités militaires.
Les circonstances exactes de cette rupture sécuritaire font l’objet d’accusations mutuelles entre les belligérants. L’Autorité des opérations syriennes affirme que les FDS ont délibérément relâché les membres de l’EI avant de perdre le contrôle des installations, qui passeront désormais sous la tutelle du ministère de l’Intérieur. De leur côté, les forces kurdes rejettent cette version et soutiennent avoir perdu la maîtrise de la prison suite à une attaque directe de l’armée régulière, une allégation formellement démentie par Damas.
Le bilan de ces affrontements est lourd pour les forces kurdes. Les FDS ont annoncé la perte de neuf de leurs membres, ainsi que vingt blessés lors des combats autour d’al-Aqtan. Dans leur communiqué, elles pointent également une absence de réaction de la part de leurs alliés habituels : la coalition internationale menée par les États-Unis n’est pas intervenue, malgré des appels répétés vers une base située à proximité immédiate des combats.
Cet incident survient à un moment charnière pour l’équilibre des forces en Syrie. Il intervient au lendemain de l’annonce d’un retrait des FDS de Raqqa et de Deir Ezzor, deux provinces stratégiques abritant les principaux champs pétroliers du pays, dans le cadre d’un accord de cessez-le-feu. Bien que l’EI ait été officiellement vaincu territorialement en Syrie en 2019, ses cellules dormantes conservent une capacité de nuisance, particulièrement dans la province d’Hasakah où se situe Al-Shaddadi.