Après le volet sécuritaire, le nouvel accord sectoriel officialisé par la Russie pour renforcer son ancrage au Mali

La célébration de la Journée du diplomate à l’ambassade de Russie à Bamako, ce mardi, a servi de cadre à une mise au point stratégique sur l’avenir des relations entre les deux pays. Au-delà des discours protocolaires, l’ambassadeur Igor Gromyko a profité de cette tribune pour détailler les contours de la coopération future, qui dépasse désormais le simple cadre militaire pour toucher des secteurs civils névralgiques.

Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, cette réception solennelle a permis au diplomate russe de réaffirmer la place centrale du Mali dans la stratégie africaine de Moscou. Igor Gromyko a explicitement qualifié Bamako de « l’un des principaux alliés et partenaires » de la Russie sur le continent. Cette proximité diplomatique doit se traduire, selon lui, par une coordination accrue des positions de principe sur les dossiers mondiaux et régionaux, notamment au sein de l’Organisation des Nations Unies (ONU) et d’autres instances multilatérales.

**L’impact de la situation en Ukraine sur l’axe Bamako-Moscou**

Pour la représentation diplomatique russe, le resserrement des liens avec les pays du Sud, et le Mali en particulier, est une conséquence directe des mutations géopolitiques actuelles. L’ambassadeur a établi un lien de causalité entre le lancement de « l’opération militaire spéciale » en Ukraine et la reconfiguration de l’ordre mondial, qui favorise selon lui de nouvelles alliances. Il évoque des « bouleversements tectoniques » dans l’économie et la politique mondiales, créant une demande pour un renforcement des fondements démocratiques des relations internationales.

**Un nouvel accord sur la reconnaissance des diplômes**

Concrétisant cette volonté d’élargissement de la coopération, Igor Gromyko a annoncé une mesure attendue par le monde académique et professionnel : la signature d’un accord intergouvernemental bilatéral portant sur la reconnaissance mutuelle de l’éducation. Ce texte vise à faciliter la mobilité et la validation des parcours entre les deux États, marquant une nouvelle étape dans le rapprochement sociétal entre les deux peuples.

Cette annonce s’inscrit dans une dynamique d’échanges réguliers. L’année écoulée a vu la tenue de la première réunion de la commission intergouvernementale, coprésidée par le ministre russe de l’Énergie, Sergueï Tsivilev, et le ministre malien de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou.

Sur le plan doctrinal, Moscou maintient sa ligne directrice. La politique étrangère russe au Mali continuera de s’appuyer sur la Charte des Nations Unies, en privilégiant l’égalité souveraine des États et la non-ingérence dans les affaires intérieures.

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