La tension diplomatique monte d’un cran autour de la gestion des territoires occupés. Alors que les efforts internationaux se concentrent sur la stabilisation de la bande de Gaza, une nouvelle série de décisions administratives et juridiques prises par le cabinet de sécurité israélien concernant la Cisjordanie a provoqué une réaction immédiate de Bruxelles. L’institution européenne, par la voix de ses porte-paroles, a tenu à clarifier sa position face à ce qu’elle considère comme une modification unilatérale du statu quo.
Lors du point presse de mi-journée à la Commission européenne, le porte-parole Anouar El Anouni a qualifié cette initiative de « nouveau pas dans la mauvaise direction ». Selon les éléments relayés par Anadolu, l’Union européenne voit dans ces manœuvres une tentative d’extension du contrôle israélien sur la Cisjordanie, une démarche jugée incompatible avec le droit international. « Nous rappelons que l’annexion est illégale », a martelé le diplomate, soulignant que toute matérialisation de ces projets constituerait une violation flagrante des normes en vigueur.
Au cœur de cette réprobation se trouvent trois mesures spécifiques approuvées dimanche par les autorités israéliennes, destinées à modifier le cadre civil en territoire occupé. D’après les précisions fournies par le radiodiffuseur public KAN, ces directives incluent l’abrogation d’une loi qui interdisait jusqu’ici la vente de terres palestiniennes à des acquéreurs juifs en Cisjordanie. À cela s’ajoutent la levée du secret sur les registres de propriété foncière et le transfert de l’autorité de délivrance des permis de construire dans un bloc de colonies à Hébron, retirant cette compétence à la municipalité palestinienne au profit de l’administration civile israélienne.
Face à cette accélération sur le terrain, Bruxelles ne se contente pas d’une condamnation de principe. Anouar El Anouni a rappelé que le dossier fait l’objet d’une surveillance de longue date et que les options de réponse restent actives. Il a précisé que les mesures présentées précédemment par la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, « sont toujours sur la table ». L’UE réaffirme ainsi son attachement à la solution à deux États, estimant que les actions actuelles en compromettent la viabilité et menacent l’équilibre des sites religieux.