L’ombre de Jeffrey Epstein continue de planer sur les grandes institutions financières mondiales, forçant certains acteurs majeurs à un examen de conscience public. Alors que les « Epstein Files » dévoilent progressivement l’étendue des réseaux du financier américain décédé en prison, la Deutsche Bank a officiellement requalifié la nature de sa collaboration passée avec le milliardaire. Une reconnaissance de responsabilité qui s’accompagne désormais d’exigences précises émanant des représentants d’actionnaires.
Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, la première banque allemande a qualifié d’« erreur » l’intégration de Jeffrey Epstein dans son portefeuille clients. Cette relation commerciale, nouée en août 2013 et maintenue jusqu’en décembre 2018, est aujourd’hui au cœur d’une remise en question institutionnelle. Un porte-parole de l’établissement a confirmé à l’agence allemande DPA que la banque exprimait son « profond regret » et assurait avoir tiré les leçons de cette période.
**Des purges internes et un renforcement des contrôles**
La direction de l’établissement financier tente de démontrer que la page est tournée par des actes concrets. Christian Sewing, le directeur général, a indiqué que des « conséquences au niveau du personnel ont également eu lieu », confirmant ainsi des départs liés à cette affaire au sein de la banque. L’institution affirme avoir investi massivement dans la formation de ses équipes et renforcé ses processus de lutte contre la criminalité financière.
Ces déclarations interviennent alors que la presse internationale, s’appuyant sur les documents du ministère américain de la Justice, révèle que Jeffrey Epstein disposait de plus de 40 comptes au sein de la banque allemande pour gérer une part significative de sa fortune. Dès l’arrestation du financier en juillet 2019, la banque assure avoir coopéré avec les autorités et les régulateurs.
**L’exigence de transparence totale des actionnaires**
Malgré ces mea-culpa, la pression ne retombe pas. Klaus Nieding, vice-président de l’Association allemande de protection des détenteurs de titres (DSW), exige une mise à plat complète du dossier. Jugeant les déclarations actuelles insuffisantes pour protéger la réputation de l’établissement contre les rumeurs, il a formulé une demande spécifique : la publication de l’intégralité des documents financiers et des détails des relations commerciales avec Epstein.
Cette exigence de transparence est assortie d’une échéance claire : l’assemblée générale de la banque prévue le 28 mai 2026. Pour les représentants des actionnaires, seule cette divulgation totale permettra de clore définitivement ce chapitre controversé.