Alertes ignorées depuis 2022 : La procédure judiciaire qui rattrape finalement un établissement catholique en France

À Compiègne, dans le département de l’Oise, la direction de l’Institution Jean-Paul II fait face à une nouvelle affaire judiciaire touchant son encadrement. Un directeur d’internat de cet établissement privé catholique a été suspendu de ses fonctions en juin 2025, à la suite d’un signalement transmis à la justice. Cette décision administrative intervient alors que des éléments troublants sur le comportement du responsable circulaient apparemment depuis plusieurs années.

La mesure d’éloignement a été confirmée par l’académie d’Amiens. Selon les informations rapportées par Anadolu, la direction diocésaine de l’enseignement catholique de l’Oise a alerté le rectorat le 5 juin 2025. Cette démarche faisait suite à un signalement effectué quelques jours plus tôt, le 1er juin, auprès du procureur de la République. Le mis en cause a été immédiatement écarté puis suspendu à titre conservatoire, dans l’attente des conclusions de l’enquête de gendarmerie en cours.

Les faits reprochés concernent des soupçons d’actes déplacés envers des élèves. Les premiers éléments font état d’intrusions dans les chambres, de remarques jugées inappropriées et de comportements suspects. Il est notamment question de sorties organisées exclusivement avec des élèves féminines. Si la réaction institutionnelle date de juin 2025, la genèse de l’affaire semble plus ancienne. Des témoignages remonteraient en effet à 2022, suggérant que la situation perdurait depuis au moins trois ans avant la saisine des autorités judiciaires.

La gestion interne des premières alertes interroge sur le protocole de sécurité de l’établissement. D’après des éléments relayés par Mediapart, plusieurs signalements auraient été émis par des élèves et des membres du personnel éducatif bien avant l’intervention du procureur. Ces avertissements n’auraient cependant pas été suivis d’effets, faute de preuves écrites jugées suffisantes à l’époque. L’académie d’Amiens a précisé qu’avant le 5 juin 2025, aucune information ne lui avait été transmise concernant ce dossier.

Ce n’est pas la première fois que l’Institution Jean-Paul II, qui scolarise environ 3 000 élèves, se retrouve confrontée à des affaires de mœurs. L’établissement avait déjà été marqué par la condamnation d’un surveillant d’internat, jugé en 2016 puis en 2022 pour des agressions sexuelles sur mineurs commises entre 1992 et 2002. Face à cette nouvelle procédure, l’actuel directeur de l’établissement a assuré, via l’Association de parents d’élèves, maintenir une vigilance accrue sur les situations de violences en milieu scolaire.

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