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Agence du Médicament : Un vice-président sort du rang et double la contribution exigée par le traité

En marge de la 39ème Session Ordinaire de la Conférence des Chefs d’État et de Gouvernement de l’Union Africaine, la question de la souveraineté sanitaire a dominé les débats lors d’une rencontre de haut niveau. Alors que près de la moitié des États membres tardent encore à ratifier le traité fondateur de l’Agence Africaine du Médicament (AMA), une initiative diplomatique et financière venue des Seychelles tente de débloquer la situation.

L’enjeu est technique mais vital : garantir que les médicaments circulant sur le continent soient sûrs et de qualité. C’est autour de cet objectif que l’AMA a réuni dirigeants politiques, responsables de l’Union Africaine (UA), représentants du Centre Africain de Contrôle et de Prévention des Maladies (Africa CDC) et du Secrétariat de la ZLECAf lors d’un « petit-déjeuner présidentiel ». L’objectif affiché par notre confrère Sud Quotidien est clair : accélérer l’opérationnalisation de l’agence basée à Kigali et sécuriser son financement durable.

À ce jour, le bilan comptable révèle une fracture continentale. Sur les 55 États membres de l’UA, seuls 31 ont ratifié le traité. Les 24 signatures manquantes créent des failles réglementaires exploitées par les trafiquants de produits médicaux falsifiés ou de qualité inférieure. C’est dans ce contexte d’urgence que le Vice-Président des Seychelles, Sebastien Pillay, a choisi de marquer les esprits par une action concrète.

Dépassant les simples déclarations d’intention, le dirigeant seychellois a annoncé un engagement financier de 200 000 dollars (environ 120 millions de FCFA). Ce montant correspond au double de la contribution de démarrage de 100 000 dollars normalement requise des États parties. En posant cet acte, M. Pillay a exhorté les grandes nations du continent à s’aligner sur cet effort pour doter l’institution de moyens réels.

Cette dynamique a été appuyée par le ministre tunisien de la Santé, Mustapha Ferjani, qui a insisté sur le lien direct entre régulation et indépendance. « La souveraineté sanitaire de l’Afrique dépend de sa souveraineté réglementaire », a-t-il martelé, appelant à doter l’AMA de « ressources, compétences et procédures claires ».

Pour la Directrice Générale de l’AMA, Dr Delese Mimi Darko, la feuille de route est tracée : l’agence vise l’autonomie financière et le statut d’Autorité répertoriée par l’OMS d’ici 2030. « Au cours des cinq dernières années, nous sommes passés d’un Traité sur le papier à une institution vivante », a-t-elle rappelé. La Commission de l’UA, par la voix de l’Ambassadrice Amma Twum-Amoah, estime que la ratification universelle est réalisable au cours de l’actuel cycle politique, condition sine qua non pour concrétiser la Stratégie Sanitaire Africaine 2030.

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