Afrique du Sud : Caster Semenya fustige le retour des tests de genre et cible directement une dirigeante africaine

Le Comité international olympique (CIO) a officiellement acté le retour des vérifications de genre pour les Jeux de Los Angeles en 2028. Une décision qui a provoqué la réaction immédiate de la double championne olympique sud-africaine Caster Semenya, figure de proue de la lutte pour les droits des athlètes hyperandrogènes.

S’exprimant dimanche en marge d’une compétition au Cap, l’athlète a qualifié cette réintroduction de « manque de respect envers les femmes », rapporte Al Jazeera. Au-delà de la mesure elle-même, Caster Semenya a exprimé sa déception quant à l’identité de la personne qui préside désormais l’instance olympique : la Zimbabwéenne Kirsty Coventry.

« Pour moi personnellement, le fait qu’elle soit une femme originaire d’Afrique, sachant comment les femmes africaines ou les femmes des pays du Sud sont affectées par cela, bien sûr que cela cause du tort », a déclaré la sprinteuse.

Le CIO a annoncé jeudi que seules les « femmes biologiques » seront autorisées à concourir dans les épreuves féminines, écartant de fait les femmes transgenres. L’éligibilité reposera désormais sur un dépistage unique du gène SRY, réalisé à partir d’un échantillon de salive, d’un frottis buccal ou d’une prise de sang. Cette politique unifiée remplace le cadre de 2021 qui laissait chaque fédération internationale fixer ses propres règles.

Kirsty Coventry a justifié cette orientation en affirmant qu’elle s’appuie « sur la science et a été dirigée par des experts médicaux », invoquant l’équité sportive et la sécurité des participantes.

Cette nouvelle approche du CIO intervient après les débats survenus lors des Jeux de Paris 2024 autour des boxeuses Imane Khelif (Algérie) et Lin Yu-ting (Taïwan). Exclues des championnats du monde 2023 par l’Association internationale de boxe (IBA), elles avaient été autorisées par le CIO à participer au tournoi olympique, où elles ont toutes deux remporté la médaille d’or.

Pour Caster Semenya, ce retour en arrière rappelle les tests chromosomiques utilisés par le CIO entre 1968 et 1996, avant d’être abandonnés en 1999 face aux critiques de la communauté scientifique. L’athlète sud-africaine, dont la carrière sur 800 mètres a été stoppée par les règles de World Athletics, a récemment obtenu une victoire partielle en 2025 devant la Cour européenne des droits de l’homme concernant son droit à un procès équitable.

Sur le plan politique, cette révision réglementaire a fait réagir le Président Donald Trump. Dans un message publié jeudi sur son réseau Truth Social, le dirigeant américain s’est attribué la paternité de cette décision olympique. Il a lié ce changement de cap à son propre décret interdisant la participation des athlètes transgenres dans les compétitions féminines, signé peu après son retour aux affaires en janvier 2025.

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2 commentaires

  1. Cette mesure est tellement évidente. Normal qu’une « femme », biologiquement à moitié « homme » ne puisse pas compétir contre d’autres femmes, biologiquement femmes. Hormones et virilité ne sont plus les mêmes. Que les transgenres organisent si elles le veulent leurs propres compétitions.

  2. Une femme ce n’est pas 👣 👣 sa forme physique mais ses signes biologiques (sexualité/seins etc…)
    Une compétition pour ce genre est une stigmatisation et c’est humiliant

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