La situation sécuritaire en Cisjordanie occupée connaît une brusque détérioration. Alors que l’attention internationale reste focalisée sur la bande de Gaza, une série d’attaques simultanées menées ce vendredi matin a fait plusieurs dizaines de blessés parmi la population civile palestinienne, marquant une intensification des violences sur ce second front.
Selon les informations rapportées par Al Jazeera, au moins 54 Palestiniens ont été blessés lors d’incursions visant plusieurs villes et villages. Ces opérations, menées par des colons israéliens, se sont déroulées dans un climat de tension extrême, exacerbé par la présence et l’intervention des forces militaires israéliennes sur les lieux des incidents.
L’épicentre de ces violences s’est situé près de Talfit, un village au sud de Naplouse. Des agriculteurs palestiniens, présents sur leurs terres, ont été pris pour cible. Lorsque les résidents ont tenté de repousser ces assauts pour protéger leurs biens, l’armée israélienne est intervenue en faisant usage de gaz lacrymogènes et de balles réelles contre les habitants, plutôt que de disperser les assaillants. Des images vérifiées montrent des habitations aux fenêtres brisées et des véhicules endommagés par ces affrontements.
Le bilan matériel est également lourd. Près de la ville de Turmus Aya, dans la région de Ramallah, environ 300 oliviers ont été détruits, privant de nombreuses familles de leur outil de travail. Cette destruction systématique des ressources agricoles s’inscrit dans une campagne plus large de harcèlement et de vandalisme.
Ces événements surviennent dans un contexte politique particulièrement tendu. Le gouvernement israélien a récemment approuvé des plans visant à étendre son autorité sur de nouvelles portions de la Cisjordanie. Une décision qualifiée par Volker Turk, Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, d’annexion « de facto ». Selon ce responsable onusien, ces mesures violent le droit international et accélèrent la dépossession des Palestiniens.
Depuis le 7 octobre 2023, les chiffres des Nations Unies font état d’au moins 1 054 Palestiniens tués en Cisjordanie par les troupes ou les colons israéliens. Human Rights Watch dénonce pour sa part des déplacements forcés de populations qui s’apparentent, selon l’organisation, à des crimes de guerre.