Dans le département de Goudiry, la mobilisation communautaire se heurte aux limites des services publics. Les habitants de Dindoudy Dokka, une localité de la commune de Boynguel Bamba forte de plus de 3 000 âmes, font face à un manque d’accompagnement étatique, malgré d’importants investissements réalisés sur fonds propres pour améliorer leur cadre de vie.
Selon les informations rapportées par Emedia, la principale urgence concerne la couverture médicale. La population a entièrement financé la construction d’un poste de santé de son village, mobilisant une enveloppe de 30 millions de francs CFA. Cependant, cette infrastructure neuve ne bénéficie d’aucune affectation de personnel soignant qualifié par les autorités sanitaires.
Pour rendre la structure fonctionnelle, les résidents supportent une charge financière continue. « Nous avons construit un poste de santé flambant neuf. Malheureusement, depuis plusieurs années, nous cotisons pour payer la sage-femme que nous avons nous-mêmes recrutée », a expliqué Demba Mbow. Ce dernier précise que les interpellations adressées au maire de la commune n’ont, pour l’heure, généré aucune action concrète.
À cette situation sanitaire s’ajoute un blocage lié à l’accès à l’énergie. Ousmane Thiam, un jeune de la localité, indique que les installations électriques du village sont terminées depuis deux ans, mais que le réseau n’a toujours pas été mis en service.
L’approvisionnement en eau potable constitue la troisième difficulté majeure pour ces habitants. Le village dépend d’un unique forage qui subit des pannes fréquentes, principalement liées à un manque de carburant pour assurer son fonctionnement. Face à cette accumulation de contraintes, la communauté a formulé une demande expresse aux plus hautes autorités de l’État pour obtenir l’affectation d’un personnel médical d’État et l’activation de leurs infrastructures de base.